New York s'appelait Angoulême : l'histoire oubliée du baptême de 1524
New York s'appelait Angoulême : le baptême oublié de 1524

New York s'appelait Angoulême : l'histoire oubliée du baptême de 1524

HISTOIRE - Le saviez-vous ? Il y a exactement cinq siècles, le 17 avril 1524, la future métropole américaine de New York recevait un nom français : "Terre d'Angoulême". Cette dénomination, aujourd'hui largement méconnue, marque un chapitre fascinant de l'exploration du Nouveau Monde, souvent éclipsé par l'épisode ultérieur de Nouvelle-Amsterdam.

L'expédition de Verrazzano et le baptême fondateur

Le 17 avril 1524, après un périple de dix mois depuis Le Havre, la caravelle « La Dauphine » accoste dans la baie de New York. Commandée par l'explorateur italien Giovanni da Verrazzano, envoyé par le roi François Ier, cette embarcation est la seule rescapée d'une escouade initiale de quatre nefs. En hommage au souverain français, ancien comte d'Angoulême, Verrazzano baptise ces nouvelles terres « Terre d'Angoulême ». Près de cinq cents ans plus tard, New York est devenue la ville la plus mythique au monde, mais ce premier patronyme est tombé dans l'oubli, même si ses habitants se souviennent de l'ère néerlandaise de Nouvelle-Amsterdam (1626-1664).

La redécouverte par Jacques Habert en 1949

En terre angoumoisine, le lien avec New York reste une source de fierté locale, mais au-delà de la Charente, cette appellation initiale demeure un mystère. Même à New York, le nom d'Angoulême semble s'être évaporé parmi les gratte-ciel. Pourtant, en 1949, un jeune professeur d'histoire du lycée français de New York, Jacques Habert, alors âgé de 30 ans, publie un livre en anglais intitulé « When New York was called Angoulême ». Cet ouvrage provoque des retombées immédiates et significatives.

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  • En décembre 1949, une cérémonie franco-américaine commémore pour la première fois le baptême des rivages de New York par Verrazzano.
  • Le 30 mai 1950, une plaque de bronze avec un bas-relief de « La Dauphine » est inaugurée sur les quais.
  • Le 16 octobre 1950, le nom de « Terre d'Angoulême » apparaît sur la statue de Verrazzano érigée dans le port de la ville.

Florent Gaillard, directeur des archives municipales d'Angoulême, souligne que sans les recherches de Jacques Habert, basées sur des documents de la Bibliothèque nationale de France, du British Museum et du Musée du Vatican, cette histoire serait peut-être encore inconnue, même des Angoumoisins. Aux archives municipales d'Angoulême, on ne trouve « strictement rien » sur ce sujet, preuve de son effacement progressif au fil des siècles.

Les partenariats et commémorations franco-américaines

La vérité se rétablit ainsi petit à petit, accompagnée de partenariats symboliques. En 1951, le président français Vincent Auriol et son ministre des Affaires étrangères Robert Schuman se rendent devant la plaque de la Terre d'Angoulême. L'année suivante, en 1952, le maire d'Angoulême, Roger Baudrin, assiste à l'inauguration d'un monument dédié à Verrazzano à New York, marquant le début d'un court partenariat entre les deux villes.

  1. En 1956, la place du parc d'Angoulême devient la promenade New York.
  2. En 1964, les jardins de l'hôtel de ville d'Angoulême sont renommés en l'honneur du président américain John F. Kennedy.
  3. La même année, à New York, le pont suspendu reliant Brooklyn à Staten Island est baptisé pont Verrazzano, l'un des plus longs du monde.

Malgré ces initiatives, l'histoire s'essouffle ensuite. Une proposition de plaque en l'honneur de Verrazzano sur la promenade New York à Angoulême, évoquée après la parution du livre de Habert, n'a jamais abouti, laissant ce chapitre dans l'ombre. Jacques Habert, né en 1919 et sénateur des Français établis hors de France de 1969 à 1998, est décédé le 8 août, laissant derrière lui un héritage crucial pour la mémoire collective.

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