Une fresque de l'église Sainte-Philomène de Comps-sur-Artuby, dans le Haut-Var, a été discrètement modifiée : les pieds en forme de sabot des deux chérubins de l'Arche d'Alliance ont été recouverts de peinture et masqués par des pantalons de plumes allongées. Ni le maire du village ni le curé ne savent qui a réalisé cette retouche ni pourquoi, selon les déclarations d'un passionné d'histoire locale.
Une découverte qui interroge les amateurs de symbolisme
Cette modification a été remarquée par des passionnés de symbolisme et d'ésotérisme, qui comparent d'anciennes photographies de la fresque avec son état actuel. Sur le mur gauche du maître-autel, l'Arche d'Alliance est représentée ouverte, protégée par deux chérubins. Autrefois, ceux-ci possédaient des pattes terminées par des sabots ; aujourd'hui, ces sabots ont disparu, soigneusement recouverts de peinture.
La fresque représente également le vase contenant la manne du désert et le bâton d'Aaron. La partie repeinte se situe à près de trois mètres de hauteur, ce qui suppose l'utilisation d'une échelle ou d'un petit échafaudage. L'église est habituellement fermée au public et seules quelques personnes disposent des clés, ce qui rend l'intervention d'autant plus mystérieuse.
Une église au patrimoine singulier
L'église Sainte-Philomène a été consacrée le 11 mai 1890 par l'évêque Oury. Son édification est relativement récente, mais elle demeure l'un des édifices religieux les plus remarquables du Haut-Var, avec son unique nef ressemblant à un vaisseau. Construite en pierre locale pour répondre aux besoins d'une population montagnarde, son architecture sobre et harmonieuse s'inscrit dans la tradition des églises rurales provençales.
Sa dédicace ajoute une dimension particulière : sainte Philomène, jeune vierge et martyre que la tradition situe au IVe siècle, aurait préféré mourir plutôt que d'épouser l'empereur Dioclétien et renoncer à sa foi. Ses reliques, découvertes dans les catacombes de Rome en 1802, provoquèrent un immense mouvement de dévotion populaire au XIXe siècle. En 1961, son nom fut retiré du calendrier liturgique romain, faute de preuves historiques suffisantes pour confirmer son existence, mais sa vénération n'a jamais totalement disparu.
Aucune explication officielle pour l'instant
Du côté de la mairie, personne ne semble avoir connaissance de cette intervention. Paul Amoros, passionné d'histoire du Verdon, a interrogé les autorités locales : « Nous avons interrogé le curé et le maire de Comps. Ni l'un ni l'autre ne sait qui est à l'origine de cette étrange modification, et aucun n'est en mesure d'en expliquer la motivation », a-t-il déclaré.
À ce jour, aucune explication officielle n'a été apportée. Les hypothèses restent ouvertes : correction théologique, initiative isolée ou acte de vandalisme commis par un déséquilibré ayant pris les pieds des anges pour des diablotins. Pour certains passionnés de symbolisme, cette retouche constitue une altération regrettable d'un élément iconographique ancien.
Un autre objet attire également l'attention dans l'église : un tableau de L'Assomption de la Vierge, dont l'histoire mérite à elle seule un nouveau chapitre.



