Bayonne : le Musée basque mise sur la prévention après une infestation d'insectes xylophages
Musée basque : conférence sur la prévention après infestation

Le Musée basque de Bayonne tire les leçons d'une infestation d'insectes xylophages

Fermé de janvier à mars 2025 à cause d'une invasion d'insectes xylophages, communément appelés mangeurs de bois, le Musée basque et de l'histoire de Bayonne organise une conférence significative un an après sa réouverture. Jeudi 5 mars à 18 heures, l'établissement accueillera Fabien Fohrer, un entomologiste de 58 ans, pour une présentation intitulée « La conservation préventive en musée ». Cet événement vise à mettre en lumière les stratégies pour éviter de futures fermetures, en se concentrant sur la prévention plutôt que sur les traitements curatifs.

Une infestation spécifique : les vrillettes de type Calymmaderus solidus

Le Musée basque a été infesté par des vrillettes, plus précisément la variété Calymmaderus solidus. Cet insecte xylophage, qui se nourrit de bois, prospère dans les climats chauds et humides, typiques du Sud-Ouest de la France, du Portugal à l'Espagne et jusqu'à la Côte basque. Cette adaptation climatique explique sa présence dans la région et les défis particuliers qu'elle pose pour la conservation du patrimoine.

Le traitement thermique : une solution risquée mais nécessaire

Face à cette infestation, le musée a opté pour un traitement thermique, une méthode qui consiste à exposer les objets à des températures comprises entre 53 et 55 degrés Celsius pendant une heure. Habituellement, les musées privilégient l'anoxie, qui supprime l'oxygène dans un espace clos, mais la Calymmaderus solidus y a montré une résistance. Le bois, contrairement à d'autres matériaux muséaux, présente un risque moindre de détérioration thermique, ce qui a justifié ce choix.

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Cependant, Fabien Fohrer souligne que traiter n'est jamais anodin. Même avec des précautions, des dégradations peuvent survenir. De plus, les insectes s'adaptent aux traitements : dans 15 ans, chauffer à 55 degrés pourrait ne plus suffire à éradiquer une infestation, rendant la prévention encore plus cruciale.

La conservation préventive : une approche proactive essentielle

Pour l'entomologiste, le traitement ne doit pas être la solution principale. Il insiste sur le fait que la conservation préventive est la clé pour éviter des fermetures coûteuses. Lorsqu'un traitement est nécessaire, c'est souvent le signe que les alertes n'ont pas été prises en compte en amont. Avec plus de 40 200 espèces d'insectes, dont beaucoup sont invisibles mais présentes dans nos objets et bâtiments, il est vital de les repérer tôt pour prévenir des infestations généralisées.

Des systèmes de détection et un plan de bonnes pratiques

Pour détecter les insectes xylophages, il faut rechercher des traces comme la vermoulure – de petits trous et traînées de poussière laissés par les larves après avoir rongé le bois. Cependant, leur présence peut rester cachée pendant des années, car les larves peuvent cheminer à l'intérieur du bois sans en sortir. C'est pourquoi le Musée basque a désormais mis en place un plan de conservation préventive, un guide de bonnes pratiques qui inclut des règles simples :

  • Tout objet entrant doit être traité.
  • Un objet infecté doit être mis en quarantaine immédiatement.

Ce plan permet au personnel d'identifier les risques potentiels et d'agir rapidement, offrant ainsi les moyens de repérer une infestation avant qu'elle ne devienne incontrôlable. En fin de compte, alerter et éduquer sont des étapes essentielles pour conserver notre patrimoine culturel face aux menaces invisibles mais persistantes des insectes xylophages.

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