Après des décennies de guerres et de destructions, un documentaire offre une bouffée d'espoir pour l'Irak, ses habitants et leur culture ancestrale. Intitulé « Mossoul, renaissance d’une ville millénaire », il suit le patient travail de reconstruction des mosquées, églises et quartiers historiques ravagés par la guerre et l'État islamique. Diffusé ce soir à 20h55 sur Arte, ce film d'Aurine Crémieu (2025, 1h26) est disponible à la demande sur Arte.tv.
Une renaissance après la destruction
Ravagée par la violence obscurantiste de Daech et les bombardements qui libérèrent la seconde ville d'Irak, l'ancienne cité plurimillénaire de Ninive renaît de ses cendres. En remodelant à partir des gravats les magnifiques mosquées d'albâtre et les plus anciennes églises de la région, les nouveaux bâtisseurs rendent à la cité son identité plurielle. Petit à petit, les Mossouliotes retrouvent les tortueuses ruelles de la vieille ville, témoins de siècles de cohabitation entre chrétiens, juifs, yézidis et musulmans. Une histoire commune ressuscitée grâce au travail minutieux et à la persévérance des architectes, artisans et archéologues irakiens, épaulés par des experts du monde entier.
Un travail titanesque sous l'égide de l'Unesco
C'est ce travail titanesque exécuté sous le parrainage de l'Unesco, partenaire du film, que la réalisatrice Aurine Crémieu a observé durant trois ans. Un gigantesque puzzle documenté depuis les premières visites post-État islamique, effectuées avec des gilets pare-balles, jusqu'à la rénovation de l'emblématique mosquée Al-Nouri et son célèbre minaret penché, ou celle de l'église Al-Tahira, tant attendue par la communauté syriaque. L'occasion de retracer la fabuleuse histoire de la ville, d'admirer les prouesses des professionnels, mais aussi de se questionner sur le devenir de Mossoul.
Un retour progressif mais fragile
Petit à petit, les habitants exilés ont retrouvé le chemin de leur cité débarrassée de Daech. Les enfants jouent à nouveau dans les venelles et des commerces rouvrent. Mais rares sont les chrétiens. « Inchallah, ils pourront bientôt revenir prier dans leur église », déclare un architecte musulman, soucieux de retrouver ses anciens voisins. Cependant, sept ans après la chute du califat, le documentaire ne le dit pas, 90 % des chrétiens, traumatisés, n'ont toujours pas fait le choix du retour. La renaissance de leur héritage millénaire finira-t-elle par leur faire oublier les années sombres de Mossoul ?



