Perché sur le Causse Noir, le hameau de Montméjean semble suspendu au-dessus de la vallée de la Dourbie. Dominé par les vestiges de son château, édifié dès le IXe siècle, le village conserve ses maisons aux toits de lauzes et son caractère médiéval. Depuis près de trente ans, l'association Vivre Montméjean œuvre pour préserver et valoriser ce site chargé d'histoire.
Près de trente ans au service du patrimoine
Créée le 25 mars 1997, l'association Vivre Montméjean réunit une quarantaine d'adhérents. Aux côtés de la commune de Saint-André-de-Vézines et du Parc naturel régional des Grands Causses, ils assurent l'entretien et la mise en valeur du hameau, où vivent aujourd'hui six personnes. Accessible à pied depuis La-Roque-Sainte-Marguerite via le GR62, non loin des corniches du Rajol et du chaos de Roquesaltes, ou en voiture par la D41, Montméjean est une étape prisée des randonneurs en quête de patrimoine et de panoramas.
L'un des projets phares de l'association a été la restauration d'une ancienne maison en ruine, acquise en 2007. Pendant sept ans, les bénévoles ont procédé au déblaiement, consolidé les murs et refait la toiture en lauzes, respectant les techniques traditionnelles. Pour financer le chantier, une souscription publique a permis de réunir 4 000 euros, avant le soutien de la Fondation du patrimoine. En 2017, cette restauration a reçu le premier prix du concours départemental de restauration du patrimoine organisé par le Département de l'Aveyron. Aujourd'hui, la bâtisse accueille les visiteurs avec une exposition de clichés retraçant les travaux, une table, des chaises et un livre d'or.
Un sentier botanique pour découvrir la flore du causse
L'association s'est également investie dans la réhabilitation des anciens chemins reliant le village aux champs et à la source de Fons Doulce. Les opérations de débroussaillement ont permis de créer la boucle du sentier botanique René-Pical. Ancien conservateur de la faculté de pharmacie de Montpellier, ce botaniste a identifié de nombreuses espèces dans les années 1980 lors des expositions de l'herbier du Causse Noir. Le sentier débute au pied du piton rocheux du château, rejoint la source de Fons Doulce, traverse le plateau, longe les corniches du Rajol offrant un panorama remarquable sur la vallée de la Dourbie, puis redescend vers la fontaine de Montméjean. Tout au long du parcours, des lauzes indiquent le nom des espèces végétales.
Cependant, les fortes pluies de l'hiver suivies de la canicule estivale ont fortement endommagé le jardin botanique. "Nous continuons à entretenir le sentier, mais il faudra reprendre le jardin botanique à zéro. Entre les fortes pluies et la canicule, c'est devenu très difficile", confie Marie-José Cartayrade, membre de Vivre Montméjean.
Des projets freinés par un arrêté de péril
L'association vit essentiellement des cotisations, subventions, prestations et dons. Elle souhaitait restaurer une seconde maison caussenarde près du point d'information, mais ce projet est suspendu depuis sept ans. Après une chute de rochers, la mairie de Saint-André-de-Vézines a pris un arrêté de mise en péril, stoppant les travaux. "Nous attendons toujours que le propriétaire du château réalise des travaux de sécurisation de la falaise, car cela bloque totalement la restauration", explique Marie-José Cartayrade. Les animations annuelles, comme le repas convivial cuit au four qui réunissait une centaine de personnes, sont également en pause à cause des fortes chaleurs depuis deux ans.
Un château qui traverse les siècles
Le château de Montméjean apparaît dans les textes dès le IXe siècle. La seigneurie est mentionnée pour la première fois en 1070 avec Raymond-Hugues de Montméjean, bien que son existence soit probablement antérieure. Ses armoiries représentaient deux lévriers rouges au collier d'argent, surmontés d'une bande d'azur ornée de trois étoiles d'or. De l'ancien château féodal subsiste une tour ronde en encorbellement dominant les gorges de la Dourbie. Les autres vestiges remontent aux alentours de 1300, lorsque la forteresse fut renforcée. À cette époque, la paroisse comptait près de 80 habitations, avec des fermes et hameaux environnants comme Vessac, Marlavagne ou Brunas.
Malgré les difficultés, la sœur de Marie-José Cartayrade, qui vit sur place, assure que Montméjean continue d'attirer de nombreux promeneurs. Chaque année, quelques adhérents débroussaillent la rue principale pour accueillir les visiteurs. Ainsi, patrimoine, nature et histoire se conjuguent au fil des sentiers de ce village surplombant la vallée de la Dourbie.



