Le Microjet 200 n°3 de Marmande sauvé des intempéries pour une restauration au musée de Montélimar
Microjet 200 de Marmande restauré au musée de Montélimar

Un avion historique sauvé de l'oubli

Jeudi 12 mars, une opération de sauvetage aérien a eu lieu à l'aérodrome de Carpète. Le Microjet 200 n°3, un avion à réaction conçu et fabriqué par l'entreprise marmandaise Creuzet au début des années 1980, a été démonté pièce par pièce pour être transporté vers le Musée européen de l'aviation de chasse de Montélimar. Cette pièce emblématique du patrimoine aéronautique local avait passé trois longues années exposée aux intempéries en bord de piste, subissant pluies et vents sans protection aucune.

Une mission de sauvetage orchestrée par des passionnés

Une équipe de sept bénévoles et employés du musée drômois s'est mobilisée pour cette opération délicate. « Il était temps qu'on le sorte de là », confie l'un des participants, soulignant l'urgence de la situation. L'appareil, propriété de la Ville de Marmande depuis une convention signée en 2018 avec la société Creuzet Aéronautique, présentait des signes évidents de détérioration.

Jean-Philippe Chevrier, bénévole de l'institution, constate amèrement : « Le petitou n'est pas en très bon état ». Des traces de corrosion et de mousse étaient visibles sur le fuselage tandis que les ailes, soigneusement démontées, ont été chargées dans un camion spécialement aménagé. Nicolas, employé du musée, rassure cependant : « Il est entre de bonnes mains ! »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'histoire méconnue d'un avion marmandais

Le maire de Marmande, Joël Hocquelet, rappelle les origines de cet appareil singulier : « Le microjet a été créé dans le but d'être un avion-école pour pilote de chasse ». Conçu comme un avion économique et léger par la société marmandaise en réponse à un appel d'offres de l'armée, il ne sera pourtant jamais homologué ni produit en série.

Creuzet n'ayant pas remporté le marché face à des concurrents de plus grande envergure comme Socata ou le brésilien Embraer, seuls trois prototypes métalliques furent développés. Le destin de ces appareils est aujourd'hui bien différent :

  • Le Microjet 200 n°1 s'est abîmé dans la baie de Saint-Brieuc
  • Le n°2 est exposé au musée de l'aviation d'Angers
  • Le n°3, reconnaissable à sa livrée bleu-gris de camouflage, vient donc de quitter Marmande

Présenté en 1989 au Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, cet avion représente selon Nicolas « une machine qui symbolise l'industrie aéronautique en France ». Parmi ses particularités techniques, on note deux sièges légèrement décalés pour l'élève pilote et son instructeur, ainsi qu'un « mini-manche » latéral préfigurant les joysticks modernes.

Un programme de restauration ambitieux

Après un périple de 500 kilomètres, l'avion a rejoint les ateliers du musée de Montélimar qui expose déjà 80 machines sur 35 000 mètres carrés. Le technicien drômois détaille le processus à venir : « On va réaliser un constat d'état complet, puis mettre en place un protocole de restauration rigoureux ».

Le programme inclut notamment :

  1. La recomplétion de la cabine, actuellement vide, avec des instruments reproduits en impression 3D
  2. Un nettoyage et traitement des surfaces corrodes
  3. Une consolidation structurelle sans remise en état de vol

Malgré les dommages causés par les aléas climatiques, le fuselage présente un état relativement bon, témoignant de la solidité de sa construction originale.

Un avenir prometteur pour cette pièce rare

Le Microjet 200 n°3, qualifié de « pièce rare et atypique », sera exposé aux quelque 40 000 visiteurs annuels du musée pendant cinq ans, conformément à la convention signée avec la Ville de Marmande. Plusieurs options sont envisagées pour son retour :

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale
  • L'installation de l'appareil restauré sur le rond-point en direction de Virazeil
  • La création d'une réplique en résine pour une exposition permanente
  • La mise en valeur de l'industrie aéronautique marmandaise d'hier et d'aujourd'hui

Cette opération de sauvetage représente ainsi une seconde chance pour cet avion historique, permettant de préserver un pan méconnu du patrimoine aéronautique français tout en honorant l'héritage industriel de la région marmandaise.