Un site archéologique exceptionnel découvert en Allemagne, vieux de 7 000 ans, révèle un massacre de grande ampleur accompagné de pratiques cannibales. Cette découverte, issue du site de Herxheim en Rhénanie-Palatinat, suscite un vif débat parmi les chercheurs sur l'interprétation des vestiges.
Un site archéologique controversé
Les fouilles menées entre 1996 et 1999 ont mis au jour les ossements d'au moins 500 individus, datant du Néolithique ancien (vers 5200 av. J.-C.). Les traces de découpe et de fracturation des os indiquent une consommation humaine, alimentant l'hypothèse d'un cannibalisme rituel ou de survie. Cependant, d'autres chercheurs avancent qu'il s'agirait de sépultures secondaires, où les os auraient été manipulés après décomposition.
Cette controverse illustre les difficultés d'interprétation en archéologie, où les preuves matérielles peuvent soutenir plusieurs scénarios. Les analyses isotopiques et la répartition des marques de coupe sont au centre des arguments.
Preuves de cannibalisme
Les partisans de la thèse cannibale soulignent la présence de stries identiques à celles observées sur des ossements de boucherie animale. De plus, certains crânes ont été transformés en « coupes » calibrées, ce qui évoque des pratiques rituelles. Selon une étude publiée en 2015 dans la revue Nature, quatre individus sur cinq présentent des traces de décharnement.
En revanche, les opposants mettent en avant l'absence de brûlures et la rareté des marques de dents humaines. Ils suggèrent que les os ont pu être décharnés pour des raisons funéraires, avant d'être réenfouis.
Désaccord entre chercheurs
Le débat oppose notamment l'archéologue Bruno Boulestin, de l'université de Bordeaux, qui défend la thèse du cannibalisme, à d'autres spécialistes allemands. « La quantité de restes et la standardisation des traitements osseux sont des arguments forts en faveur d'une consommation alimentaire », explique-t-il. Toutefois, ses contradicteurs estiment que ces pratiques pourraient être liées à un culte des ancêtres.
Au-delà de l'interprétation, ce site offre une fenêtre sur la violence préhistorique et les croyances néolithiques. Les recherches se poursuivent pour affiner la datation et l'analyse ADN des victimes.



