Lunel-Viel : le château devenu mairie, une histoire riche
Lunel-Viel : le château devenu mairie, une histoire riche

Depuis 1991, le château de Lunel-Viel, dans l'Hérault, abrite l'hôtel de ville, accolé au commissariat de police municipale. Ce bâtiment emblématique, reconnaissable à sa tour du XIXe siècle qui surplombe un parc public de plus d'un hectare, est le fruit d'une histoire riche et mouvementée, remontant au XVIIe siècle.

Des origines seigneuriales à la Révolution

Le premier compois, ancien cadastre, mentionne l'année 1680, époque où le château appartenait à Jean-Louis de Trémolet, seigneur de Lunel-Viel. Le grand escalier principal, qui mène aujourd'hui aux services de la mairie, date de cette période, tout comme les grandes arches soutenant les plafonds.

En 1785, alors que les premiers orages révolutionnaires grondent, le château et ses dépendances sont vendus à Jean-Jacques Louis Durand, conseiller à la Cour des comptes, aides et finances et premier maire de Montpellier. Accusé d'actions fédéralistes, Durand est jugé par le tribunal révolutionnaire et exécuté en 1794. Sa veuve rachète alors le domaine et le conserve jusqu'en 1843, peu avant son décès.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'ère Manse et les grands travaux

Le 30 août 1843, Jacques-Léon Manse, notaire nîmois, fait l'acquisition du château. Sa famille, notamment son fils Paul, bâtonnier au barreau de Nîmes, entreprend d'importants travaux. L'aile sud-ouest est construite, comprenant la cuisine au rez-de-chaussée, la chapelle au premier étage, une chambre chauffée au deuxième étage, et bien sûr la tour. La partie ancienne du rez-de-chaussée voit naître une grande salle à manger, une salle de chasse, de billard et des salons.

La chapelle, construite par la famille Manse, est une petite pièce à part, avec des abords en terre cuite décorée. Tout le nécessaire religieux y est présent, des cierges aux grands vitraux colorés. Des offices tenus par le prêtre du village s'y sont déroulés jusqu'en 1995, avant que la chapelle ne soit plus utilisée.

De la vente avortée à la mairie

Paul Manse disparaît en 1896, sans voir la fin des travaux. Son petit-fils, Bernard De Montaut-Manse, grand défenseur de la Camargue, hérite du bien. Son cousin Paul Manse deuxième du nom prend ensuite le relais jusqu'en 1987, alors que le château devait être vendu à l'investisseur Albert Sebag pour un projet avorté de maison de retraite.

La commune de Lunel-Viel rachète finalement le château en 1991 pour y installer l'hôtel de ville, anciennement situé près de la place Jean-Jaurès. Aujourd'hui, le bâtiment est totalement inscrit dans la vie locale et citoyenne, mais les stigmates du passé subsistent : sa superficie et son agencement labyrinthique, ses cheminées ornées de fleurs de lys et de carreaux de Delft, datant du XVIIe siècle, rappellent la singularité de ce lieu exceptionnel.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale