Un mythe tenace mais infondé
La directrice du département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, Guillemette Andreu-Lanoë, a récemment démonté le mythe du pillage napoléonien. Selon elle, l'idée que les collections égyptiennes du Louvre proviendraient principalement de spoliations lors de la campagne d'Égypte de Bonaparte est une légende qui ne résiste pas à l'examen historique.
Des acquisitions légitimes et documentées
Andreu-Lanoë explique que la grande majorité des pièces de la collection égyptienne du Louvre a été acquise de manière légale, par des achats, des dons ou des missions archéologiques officielles. Elle précise que moins de 5 % des objets proviennent de la campagne napoléonienne, et que ceux-ci ont été collectés dans le cadre de travaux scientifiques, non d'un pillage systématique.
La pierre de Rosette, un cas emblématique
La pierre de Rosette, l'une des pièces les plus célèbres, a été découverte par des soldats français en 1799 et confisquée par les Britanniques en 1801. Andreu-Lanoë souligne que cette pierre n'a jamais été au Louvre, mais au British Museum. Le Louvre ne possède qu'un moulage.
Des restitutions récentes
La directrice rappelle que le Louvre a restitué plusieurs pièces à l'Égypte ces dernières années, notamment des fragments de fresques volés dans des tombes. Elle insiste sur la transparence du musée en matière de provenance des œuvres.
Un contexte historique complexe
Selon Andreu-Lanoë, la campagne d'Égypte a plutôt marqué le début de l'égyptologie scientifique. Les savants qui accompagnaient Bonaparte ont publié la célèbre "Description de l'Égypte", un ouvrage monumental qui a permis de mieux connaître cette civilisation. Loin d'un pillage, il s'agissait d'une entreprise de documentation.
Des chiffres à l'appui
La collection égyptienne du Louvre compte environ 66 000 pièces. Seules 8 000 sont exposées. Andreu-Lanoë affirme que moins de 500 proviennent de la campagne napoléonienne, et encore, il s'agit souvent d'objets donnés par des collectionneurs privés ou acquis lors de ventes aux enchères.
Un mythe entretenu par des idées reçues
La directrice déplore que le mythe du pillage napoléonien soit encore largement répandu, y compris dans certains milieux académiques. Elle appelle à une meilleure connaissance de l'histoire des collections pour éviter ces simplifications.
La politique d'acquisition actuelle
Le Louvre continue d'enrichir sa collection égyptienne par des achats et des dons, mais aussi par des fouilles archéologiques en Égypte, dans le cadre d'accords avec les autorités égyptiennes. Andreu-Lanoë insiste sur le respect des lois et des conventions internationales.



