Cent ans après leur création en 1925, les jardins ouvriers de Sommières comptent aujourd'hui 118 parcelles, toutes attribuées. L'association rassemble près d'une centaine d'adhérents, et les jardiniers doivent s'adapter au changement climatique et à la hausse des coûts de l'eau.
Un siècle d'histoire retracée
Créés en 1925 pour permettre aux familles ouvrières de cultiver leurs légumes, les jardins ouvriers ont franchi le cap du siècle. Leur histoire est retracée par Mireille Grais-Bruguière dans le n° 33 de Sommières et son histoire, disponible à l'office de tourisme. Pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de six hectares sont cultivés sur plusieurs sites de la ville, contribuant à l'alimentation de plus de 2 200 personnes.
À la fin des années 1960 vient le déclin. Michel Martin, actuel président et jardinier depuis 1988, se souvient du début des années 1990 : « On s'est retrouvé une quarantaine. Certains ont pris deux ou trois jardins pour payer plusieurs cotisations et pouvoir régler l'eau. » Avec Guy Marotte, ancien maire, et d'autres bénévoles, l'association est sauvée.
Des parcelles très demandées
Aujourd'hui, les 118 parcelles sont toutes attribuées et l'association rassemble près d'une centaine d'adhérents. La plupart mesurent 100 m², quelques-unes 150 m². Quelques anciens disposent encore de deux parcelles, héritage d'une époque où elles ne trouvaient pas preneur. Pour les nouveaux entrants, la règle est d'une parcelle par famille.
« Les gens sont moins dans l'échange et le partage qu'autrefois », constate Michel Martin. Malgré cela, les jardins restent très demandés, un siècle après leur création.
Adaptation au climat et aux coûts
Les jardiniers doivent aussi s'adapter au climat. « On est obligé de décaler les plantations », explique Jean-Claude Canon, vice-président. Tomates, salades, poivrons ou aubergines restent au programme, mais les périodes de semis évoluent avec les fortes chaleurs.
L'eau, fournie par le Bas-Rhône, pèse davantage dans les comptes : selon Michel Martin, « la facture annuelle est passée d'environ 1 200 € en 2003 à 1 850 € en 2025 ». La cotisation reste fixée à 60 €, parcelle, cabanon et eau compris.
Sécurité et mémoire
Depuis le décès de Daniel Lonjen en 2025, il n'y a plus de gardien. Michel Martin raconte qu'un soir, lors d'une intrusion, Daniel est sorti nu de sa cabane, une hache à la main, en hurlant, faisant fuir les voleurs. Clôtures, portillons avec arceaux offerts par la mairie, haie de pyracanthas plantée par les jardiniers et caméra sécurisent désormais le site.
Entre mémoire et adaptation, ces parcelles continuent d'occuper une place singulière dans l'histoire sommiéroise.



