Du Médoc au Sauternais : des jardins d'exception au milieu des vignes
Jardins d'exception entre Médoc et Sauternais

Entre Médoc et Sauternais, les vignobles bordelais abritent des jardins d'exception qui méritent le détour. Loin des chais et des dégustations, ces écrins de verdure offrent un voyage botanique unique, mêlant essences rares, topiaires et perspectives soigneusement dessinées. Selon le Comité régional du tourisme de Nouvelle-Aquitaine, plus de 30 propriétés viticoles ouvrent leurs jardins au public chaque été, attirant près de 150 000 visiteurs.

Un patrimoine paysager méconnu

Dans le Médoc, le château Dauzac à Labarde dévoile un jardin à la française réaménagé au XIXe siècle. Ses buis taillés en boules encadrent une allée centrale menant à un bassin du XVIIIe siècle. « Nous avons restauré ce jardin en 2015 avec un paysagiste spécialisé dans les jardins historiques », explique la propriétaire, Christine Le May. « Chaque année, nous plantons 200 rosiers anciens pour renforcer l'ambiance d'époque. »

Plus au sud, dans le Sauternais, le château d'Yquem propose un parc de 15 hectares classé Jardin remarquable. Conçu au XIXe siècle par le paysagiste Édouard André, il associe essences exotiques comme des séquoias géants et des palmiers à des massifs de fleurs vivaces. Le parc a nécessité 10 ans de travaux pour retrouver son état d'origine.

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Des jardins contemporains dans les vignes

À Saint-Émilion, le château de Pressac a fait appel en 2020 au designer paysagiste Louis Benech pour créer un jardin contemporain. Sur 2 hectares, des graminées sauvages côtoient des sculptures métalliques, créant un contraste avec les vignes alentour. « Nous voulions un espace de méditation, pas un jardin décoratif », précise le propriétaire, Jean-François Quenin. Le lieu accueille désormais des ateliers de yoga en plein air, avec 1 200 participants en 2025.

Dans le Graves, le château Carbonnieux a opté pour un jardin potager en permaculture. Lancé en 2022, il produit 8 tonnes de légumes par an, utilisés pour les repas des vendangeurs et le restaurant du château. « Cela réduit notre empreinte carbone de 30 % », affirme le chef de culture, Pierre Dubois. Les visiteurs peuvent suivre des cours de jardinage bio chaque samedi.

Un atout touristique pour la région

Ces jardins contribuent à diversifier l'offre œnotouristique. Selon une étude de l'Agence de développement touristique de la Nouvelle-Aquitaine, 68 % des visiteurs étrangers citent les jardins comme motif de visite dans le vignoble bordelais. En 2025, 45 propriétés ont participé à l'opération « Jardins ouverts », soit une augmentation de 20 % par rapport à 2020.

Le château de Cazeneuve, en Sauternais, a même créé un festival annuel des jardins, réunissant 25 exposants en 2025. « Nous avons eu 5 000 visiteurs en deux jours, un record », se réjouit la directrice, Marie-Hélène de Castelbajac. Le festival propose des ateliers de composition florale et des conférences sur la biodiversité.

Comment visiter ces jardins

La plupart des jardins sont ouverts de mai à octobre, avec des visites guidées sur réservation. Certains proposent des nocturnes en été, comme le château de La Brède dans les Graves, qui illumine son parc à la française chaque vendredi soir. Le prix d'entrée varie de 5 à 15 euros, souvent inclus dans la visite du château. Le guide « Jardins en Bordelais » recense 60 sites à découvrir.

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