L'église Saint-Étienne de Castries, dans l'Hérault, fête cette année un siècle et demi d'existence. Cet édifice néogothique, consacré en 1891, remplace une ancienne église romane devenue trop vétuste et trop petite pour accueillir les fidèles.
Une reconstruction nécessaire
Dès 1806, le maire Lafon alerte sur l'état de l'église romane. En 1816, le curé signale des gouttières percées, un intérieur inondé et un chœur insalubre. L'édifice millénaire est à bout. En 1839, le maire Peysson résume la situation : la commune peine à faire entrer la moitié de ses habitants dans l'église. Agrandir ou reconstruire ? La question agite le conseil municipal pendant vingt ans.
Prosper Mérimée, en visite en 1840, imagine même un plan d'agrandissement. Mais en 1849, le classement de l'ancienne église en monument historique ferme définitivement cette voie. La solution sera donc une église entièrement neuve.
Un chantier collectif
Les plans sont confiés à l'architecte Henri Béziné. Le terrain est acquis de gré à gré en janvier 1861. La construction démarre en 1862, dans le style néogothique alors en vogue. Jacques Fournier, historien à l'Association des amis du château de Castries (AACC), explique que ce courant vise à "livrer des bâtiments religieux strictement fidèles à l'art gothique" en retrouvant "les techniques de l'art ogival et le savoir-faire correspondant".
Le chantier mobilise toute la communauté : souscriptions, dons, participation de la commune, du Département et de l'État. Le budget total s'élève à 80 495,64 francs, bouclé grâce à un emprunt mais aussi grâce à l'élan des Castriotes eux-mêmes. Le 21 novembre 1891, le cardinal Anatole de Cabrières consacre l'édifice.
Un héritage vivant
Cent soixante ans plus tard, cet héritage est toujours vivant. Du 6 au 13 juin, des animations célèbrent l'anniversaire de Saint-Étienne, l'occasion de (re) découvrir un monument qui porte, pierre après pierre, la mémoire d'un village.



