Un clocher retrouvé après six mois de travaux
Depuis juillet 2026, les habitants du Muy peuvent à nouveau admirer le clocher de l'église Saint-Joseph, débarrassé de ses échafaudages. Pendant six mois, la tour a fait l'objet d'une restauration complète, tant extérieure qu'intérieure, pour un coût de 400 000 euros supporté par la commune. Ces travaux ont permis de resserrer les quatre pans de la tour, d'assurer l'étanchéité de sa base, de remplacer l'escalier et de fixer les pierres anciennes de la façade, selon le chef des services techniques Gregory Jacquel. L'horloge et les cloches, muettes depuis plusieurs années, vont bientôt sonner à nouveau chaque jour, diffusant la mélodie de Notre-Dame de Lourdes à midi.
Un chantier global pour l'église d'un million d'euros
Cette première étape achevée, la commune du Muy s'attaque désormais à un projet bien plus vaste : la restauration complète de l'église Saint-Joseph. Le début des travaux est prévu en janvier 2027, pour un montant estimé à 1 million d'euros. Déjà, 200 000 euros ont été récoltés grâce à des dons de particuliers, et la Fondation du patrimoine continue d'appeler à la générosité. Une dizaine de corps de métiers interviendront pour rénover l'étanchéité, la peinture, les vitraux, l'électricité, l'éclairage et la sonorisation, avec pour objectif de mettre en valeur l'authenticité de l'édifice tout en préservant sa vocation religieuse. L'appel d'offres sera prochainement lancé, et les détails seront définis en concertation avec la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et l'architecte du patrimoine.
Des détails historiques à préserver
Les préparatifs sont déjà en cours. Des sondages ont été réalisés par l'équipe ayant restauré la Chapelle de l'Immaculée Conception au centre-ville. Ils ont révélé trois couches de peinture historique, datant du XVIe, du XVIIIe et du XIXe siècle. Il a été décidé de mettre en valeur la couche la plus récente. « Il est important d'essayer de préserver au maximum et remettre aux futures générations le patrimoine existant », explique l'architecte du patrimoine Milena Annaloro. Des « fenêtres archéologiques » seront ouvertes par découpage pour laisser entrevoir les couches plus anciennes, avec des fresques et des traces de litres funéraires honorant des défunts importants. D'autres questions restent en suspens : la voûte sera-t-elle restaurée en couleur crème ou en bleu clair avec des étoiles en feuilles de cuivre doré ? Quels lustres d'époque installer ? Comment remplacer les vitrages manquants ? Un appel aux habitants a été lancé pour fournir d'anciennes photos de cérémonies afin d'orienter les choix.
Une des rares églises fortifiées
L'église Saint-Joseph, édifiée au milieu du XVIe siècle, est inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Elle se distingue comme l'une des rares églises fortifiées. Construite sur les remparts du village, son orientation nord-sud s'explique par son appui sur un mur fortifié préexistant. Le clocher a été bâti sur le portail du mur d'enceinte, avec à sa base une porte fortifiée. Au fil des siècles, l'édifice a subi de nombreuses transformations. La tour de l'horloge a même dû être soulevée à plusieurs reprises. Aujourd'hui, elle est coiffée d'un campanile en fer forgé ouvragé et abrite sept cloches. Le permis de construire pour la restauration a été déposé ; la décision est attendue d'ici cinq mois. En attendant, les Muyois espèrent entendre bientôt le tintement des cloches annonçant les heures.



