Unesco : les Forteresses royales du Languedoc inscrites au patrimoine mondial
Forteresses royales du Languedoc inscrites à l'Unesco

Le comité du patrimoine mondial de l'Unesco, réuni à Busan en Corée du Sud jusqu'au 29 juillet 2026, a annoncé ce dimanche l'inscription des Forteresses royales du Languedoc sur sa prestigieuse liste. Huit citadelles médiévales – Aguilar, Lastours, Montségur, Peyrepertuse, Puilaurens, Quéribus, Termes, ainsi que le château et les remparts de Carcassonne – constituent ce bien en série, autrefois appelé « châteaux cathares ».

Un héritage de la croisade contre les Albigeois

Ces forteresses, souvent juchées sur des pitons rocheux escarpés, ont été édifiées à l'issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229). Après la chute du Languedoc dans le domaine royal, elles servirent de places fortes pour affirmer l'autorité du roi de France. Certains sites, comme Montségur, avaient auparavant offert un refuge aux Cathares, accusés d'hérésie par l'Église catholique.

« C'est une reconnaissance internationale pour un ensemble architectural unique, symbole de l'histoire mouvementée du Languedoc », a déclaré un porte-parole de l'Unesco. Le dossier de candidature, porté par les collectivités locales, met en avant l'architecture militaire exceptionnelle et le paysage culturel préservé.

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Un débat sur l'appellation

L'inscription intervient après des années de controverse autour du nom « châteaux cathares ». Les autorités locales ont progressivement abandonné ce terme, jugé historiquement inexact car la plupart de ces forteresses ont été construites après la disparition du catharisme. Elles leur préfèrent désormais l'appellation « Forteresses royales du Languedoc », plus conforme à leur vocation royale et militaire. Ce changement de vocabulaire, critiqué par certains défenseurs de l'histoire occitane, a été stratégique pour convaincre l'Unesco.

Un atout touristique majeur

Avec cette inscription, l'Aude et l'Ariège espèrent un afflux de visiteurs. Déjà fréquentés – Quéribus accueille plus de 100 000 personnes par an –, ces sites devraient voir leur fréquentation augmenter de 20 à 30 % selon les estimations des offices de tourisme. Les retombées économiques sont attendues pour les villages alentour, souvent ruraux et dépeuplés. La région prévoit des investissements dans la signalétique, l'accueil et la préservation des sentiers d'accès.

« C'est une fierté pour tout le territoire, mais aussi une responsabilité », a commenté le président du département de l'Aude. Les communes devront veiller à concilier protection du patrimoine et développement durable du tourisme.

Un processus long et exigeant

La candidature, déposée en 2021, a nécessité des années de préparation. Le dossier de 1 200 pages détaille l'histoire de chaque forteresse, son état de conservation et les mesures de gestion. L'Unesco exige notamment un plan de conservation et une limitation des constructions aux abords. Sur les huit sites, sept sont déjà en partie restaurés ; les travaux se poursuivent sur Termes et Lastours. L'inscription prévoit un suivi régulier par le comité, avec un rapport quinquennal obligatoire.

Plus d'informations à venir sur midilibre.fr.

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