Ce dimanche, l'Unesco a officiellement inscrit les Forteresses royales du Languedoc, autrefois appelées « châteaux cathares », sur la liste du patrimoine mondial. Ces huit édifices, situés dans le sud de la France, sont perchés au sommet de pitons rocheux escarpés, comme ceux de Montségur en Ariège, de Peyrepertuse et de Quéribus dans l'Aude.
Une reconnaissance internationale
L'annonce de l'Unesco constitue une consécration pour ces forteresses, édifiées à l'issue de la croisade contre les Albigeois (1209-1229). Après la chute d'une partie du Languedoc dans le domaine royal, le roi de France y fit construire ces places fortes dans un double objectif : surveiller la population locale, encore considérée comme dissidente, et faire face au royaume d'Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres de Quéribus ou Peyrepertuse.
Un système défensif royal
Ces forteresses étaient administrées par un sénéchal installé dans la cité de Carcassonne, elle-même reconstruite à la même époque. Le château et les remparts de Carcassonne, considérés comme un « élément central du système défensif » conçu par Louis IX et ses successeurs, font également partie des huit monuments désormais inscrits à l'Unesco.
Controverse sur l'appellation « cathare »
Le changement de nom, passant de « châteaux cathares » à « Forteresses royales du Languedoc », a suscité des réactions. Pour Fabrice Chambon, guide conférencier au château de Montségur – où plus de 200 hérétiques ont été brûlés en 1244 avant la construction de la forteresse actuelle –, cette décision a « ému pas mal de personnes ». Il ajoute : « Nous, à Montségur, on parlera toujours de cette période phare qu'est le catharisme et qui restera à jamais gravée dans notre pays. »
Une pétition d'opposants à ce changement a recueilli près de 9 400 signatures. David Maso, de l'association Mission Patrimoine Mondial, qui a rédigé le dossier de candidature, explique : « Il y a eu effectivement à Peyrepertuse, comme dans d'autres châteaux, des communautés cathares qui se sont établies, parfois réfugiées sous la pression de l'Inquisition, mais les lieux où ont vécu ces gens ont été remplacés par les forteresses que l'on voit aujourd'hui. »
Une reconstruction capétienne
David Maso précise que « entre les années 1240 et les années 1290, 22 châteaux sont rebâtis à la mode royale, avec l'architecture capétienne ». Cette série de constructions témoigne de la volonté du roi de France d'affirmer son autorité sur la région et de marquer le paysage languedocien. Les forteresses inscrites à l'Unesco incarnent ainsi une page importante de l'histoire médiévale française.
L'inscription à l'Unesco devrait renforcer l'attractivité touristique de ces sites, déjà très visités. Au-delà de la controverse, cette reconnaissance internationale met en lumière la valeur universelle exceptionnelle de ces monuments, qui continuent de fasciner les visiteurs du monde entier.



