Après trois ans de travaux, Laurent Vidal a inauguré le Clos Bel Air, une ancienne ferme napoléonienne abandonnée depuis près de dix-huit ans, perchée sur le plateau du Larzac au-dessus de Creissels, dans le Sud-Aveyron. Le domaine domine la vallée avec le viaduc de Millau en toile de fond.
Une nouvelle vie après vingt-six ans dans la vigne
Ancien viticulteur de Saint-Jean-de-Fos (Hérault) pendant vingt-six ans, Laurent Vidal a vendu son exploitation pour se lancer dans ce projet. « Je commençais à m’ennuyer. Mes enfants ne souhaitaient pas reprendre l’exploitation, alors j’ai décidé de vendre. J’aime la nature, mais aussi le contact avec les gens. Ici, j’ai retrouvé ce plaisir de recevoir, avec en plus un très bon accueil des Aveyronnais », confie-t-il.
Il y a trois ans, il découvre la propriété abandonnée et imagine un domaine privatisable pour mariages, séminaires, anniversaires ou réunions familiales. Le bâtiment étant inscrit aux Monuments historiques, les démarches administratives ont été longues mais bien accueillies.
Restaurer sans effacer l’histoire des lieux
Laurent Vidal souligne la solidité du bâti : « Il y avait très peu de fissures. Je n’ai quasiment pas touché aux murs en pierre. » Avec des artisans locaux, il a restauré l’ancienne ferme dans le respect des matériaux d’origine : lauzes, poutres et pierres apparentes. Les anciennes étables, qui accueillaient des centaines de brebis, sont devenues une salle de réception avec cuisine pour 140 convives. À l’étage de la grange, une dizaine de chambres avec salles de bains privatives hébergent les invités. L’ancienne porcherie, déjà transformée en habitation, accueille aujourd’hui une suite. « C’était l’un des rares fours du secteur. Toutes les fermes alentour venaient y cuire leur pain », raconte-t-il. Deux autres gîtes équipés ont été créés dans une autre aile, tandis que le propriétaire dispose de son propre espace de vie.
Entre authenticité et confort moderne
Laurent Vidal a conservé les traces du passé : « Dans la salle de réception, j’ai laissé les emplacements des anciennes mangeoires. J’ai gardé les volets d’origine, même si les fenêtres ont été remplacées. J’ai aussi installé des photos de la ferme d’il y a soixante ans. » Même la mousse sur certaines lauzes a été préservée. « Je voulais que le lieu reste le plus authentique possible, tout en étant fonctionnel et confortable », sourit-il. L’épaisseur des murs en pierre, dépassant parfois un mètre, offre une fraîcheur naturelle limitant le recours à la climatisation. Il a aussi remis en service trois cuves de récupération d’eau de pluie : « Je n’ai pas encore terminé le stock de la première alors qu’il n’a quasiment pas plu depuis des semaines », se réjouit-il.
Le domaine lance sa première saison
Le mercredi 24 juin, le Clos Bel Air a officiellement lancé sa première saison estivale avec une soirée d’ouverture baptisée « Le Printemps du Clos ». Le domaine est ouvert à la réservation et affiche déjà plusieurs week-ends complets dans les semaines et mois à venir, signe que cette ancienne ferme du Larzac a trouvé une nouvelle vie.



