Un expert parisien en mission d'estimation en Dordogne
Maître Jorick Brillant, commissaire-priseur pour la maison de ventes aux enchères Rossini basée à Paris, effectue régulièrement des déplacements en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne. Son objectif est de proposer des estimations gratuites d'objets et d'œuvres d'art aux collectionneurs et particuliers de la région.
Une séance d'expertise à Périgueux
Mercredi 25 février, Fabrice Berberousse, galeriste établi à Beynac en Dordogne, s'est rendu à l'hôtel Ibis situé sur les quais de Périgueux. Il a rencontré Jorick Brillant dans une salle de séminaire pour faire expertiser une partie de sa collection personnelle. Dès son arrivée, le galeriste a sollicité l'aide du commissaire-priseur pour décharger plusieurs tableaux depuis le coffre de sa voiture.
L'estimation a débuté immédiatement, avec Maître Brillant inspectant minutieusement chaque œuvre. Il était en communication téléphonique constante avec son expert en art moderne basé à Paris, à qui il transmettait des photographies et ses observations détaillées. L'expert à distance fournissait alors des fourchettes de prix, distinguant le prix de réserve, soit le seuil de départ des enchères, et le prix de marché, reflétant la valeur réelle de l'objet.
Négociation et conseil entre l'expert et le galeriste
Lors de l'évaluation d'un tableau, Jorick Brillant a annoncé une fourchette proposée par son expert, située entre 100 et 120 euros. Fabrice Berberousse a réagi en estimant cette évaluation trop basse, suggérant plutôt une fourchette de 150 à 200 euros. Une discussion s'est engagée pour parvenir à un prix d'équilibre acceptable pour les deux parties.
« Mon rôle est de conseiller, pas d'imposer », a résumé Maître Brillant, soulignant l'importance du dialogue dans son métier. Il a également rappelé les implications financières potentielles, comme les frais supplémentaires encourus si un objet ne se vend pas lors d'une première vente aux enchères et doit être conservé jusqu'à la prochaine occasion. Fabrice Berberousse a confirmé avoir déjà fait face à de tels frais lors d'une vente à Drouot, à Paris, commentant avec ironie : « C'est toujours trop ! ».
Les défis des déplacements et la construction de la confiance
Jorick Brillant se déplace parfois directement chez les particuliers pour estimer des pièces volumineuses, mais ces visites sont toujours préparées à l'avance pour éviter les déplacements inutiles. Il a évoqué une expérience frustrante où une estimation longue d'une heure s'est révélée vaine, aggravée par un trajet d'une heure et demie.
Pour cette séance, le galeriste de Beynac avait anticipé en envoyant des photographies de ses tableaux, permettant à l'expert de savoir à quoi s'attendre. Après environ une heure d'examen, Fabrice Berberousse s'est déclaré satisfait. Il a décidé de conserver une seule de ses œuvres, tandis que les autres seront envoyées en salle des ventes à Paris, avec un prix de réserve fixé autour d'une centaine d'euros par pièce. En cas de vente réussie, Maître Brillant percevra une commission.
Une profession basée sur la relation de confiance
Maître Jorick Brillant consacre deux semaines par mois à voyager à travers la France pour ces séances d'estimation gratuites. Il estime que l'essentiel de sa profession repose sur la confiance, particulièrement dans des contextes délicats comme les héritages. « On est là pour gérer des situations délicates quasi quotidiennement », explique-t-il.
Cependant, il arrive que certains clients hésitent à établir ce lien de confiance, notamment en raison de son origine parisienne. « Quand j'ai dit venir de Paris, des clients se sont ravisés et ont décidé de garder leurs pièces », raconte-t-il avec amusement, avant de nuancer : « C'est arrivé une seule fois. » Cette anecdote illustre les subtilités relationnelles inhérentes au métier de commissaire-priseur, où la proximité et la transparence sont cruciales pour réussir.



