Immersion dans la manade l'Amista : les coulisses d'une abrivado longue
Coulisses d'une abrivado longue avec la manade l'Amista

Dès 7 heures du matin, les gardians de la manade l'Amista sont à l'œuvre sous les couleurs vives de leurs chemises traditionnelles. Direction Meynes puis Beaucaire pour déplacer les animaux et préparer l'abrivado longue qui débutera à 11 heures. Le paysage verdoyant, avant les fortes chaleurs estivales, sert de décor à cette journée intense.

La préparation matinale des chevaux

« Le matin, on attrape nos chevaux, on les scelle et on les brosse. Ensuite, on s'occupe des taureaux », explique Franck Labourayre, propriétaire de la manade l'Amista. Cette manade compte environ 250 taureaux de Camargue et 40 gardians, mais seule une partie participe chaque jour à la manifestation. Pour l'abrivado, une douzaine de gardians montent à cheval.

Naïs, 17 ans, fait partie des sélectionnés. « Selon le parcours et l'abrivado, je prends le cheval adapté à la situation. Franck constitue l'équipe du jour, et on l'aide à faire la manifestation », raconte-t-elle.

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Le tri des taureaux dans le clos

Vers 8 h 30, après les chevaux, c'est au tour des taureaux d'entrer en scène. Dans les prés voisins, les gardians à cheval rassemblent le troupeau en ligne, à l'aide de cris « hop » et de sifflements, pour les diriger vers le clos de tri. Les bêtes majestueuses avancent sans broncher.

Pour cette abrivado longue, quatre taureaux sont sélectionnés. Les critères sont stricts : il faut des « braves », des animaux calmes adaptés à un circuit ouvert. « Pour les longues de 4,5 ou 6 km, on change les lots de taureaux pour laisser les animaux se reposer entre deux courses », précise Franck. Les autres taureaux retournent dans les prés.

La mise en sécurité des taureaux

Une fois les quatre taureaux choisis, ils sont conduits vers le char où ils attendront le départ. Vers 9 heures, les gardians placent des cloches autour de leur cou. « En parcours ouvert, la cloche permet d'éviter des accidents si un taureau s’échappe », explique Franck. Ce dispositif n'est pas obligatoire, mais c'est une décision de la manade pour garantir la sécurité.

Le départ et la course

À 10 heures, les animaux et les gardians arrivent au point de départ. Les habitants et les participants partagent un déjeuner avant le grand départ. À 10 h 50, cyclistes et coureurs prennent de l'avance. Le signal est donné, et les taureaux surgissent du char. L'abrivado s'étend sur 4 km, jusqu'aux arènes de Beaucaire. Entourés par les chevaux des gardians, les taureaux avancent à environ 5 km/h, accélèrent, ralentissent, toujours sous surveillance.

Sprint final : les taureaux entrent dans leur arène, puis dans le char. La longue est officiellement terminée, au son du dernier coup de canon.

Une tradition familiale et passionnée

« La manade est familiale, pas par sang mais par lien », décrit Franck. Enfants d'amis puis amis d'amis, les jeunes grandissent dans cette tradition. Léna, 13 ans, et sa grande sœur Naïs en sont l'exemple. « Je monte à cheval depuis l’âge d’un an. Maintenant, je monte seule, et j’aime cela », confie Léna.

Une journée type de gardian dure de 7 heures à 23 heures, sans beaucoup de place pour le sommeil, surtout en période estivale où les abrivados s'enchaînent. L'abrivado longue de Beaucaire est un moment fort de la saison, où la passion et la rigueur des gardians de la manade l'Amista s'affichent pleinement.

L'abrivado longue est une tradition emblématique de la Camargue, où les taureaux sont menés à travers les rues de la ville, encadrés par des gardians à cheval. À Beaucaire, cette course de 4 km attire chaque année de nombreux spectateurs. La manade l'Amista, basée à Meynes, perpétue ce rituel avec soin.

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