La Teste-de-Buch lance une collecte pour reconstruire la cabane tchanquée n°3
Collecte pour reconstruire la cabane tchanquée n°3 à La Teste-de-Buch

La Teste-de-Buch lance une collecte pour reconstruire la cabane tchanquée n°3

Le 20 mars 2023, la ville de La Teste-de-Buch et la Fondation du patrimoine ont lancé une collecte de dons auprès du grand public. L'objectif est de reconstruire la cabane tchanquée n°3 à l'identique, aux côtés de sa jumelle, sur l'île aux Oiseaux. Ces deux cabanes, uniques en France, veillent sur les eaux du bassin d'Arcachon depuis environ soixante-dix ans et en sont devenues les symboles incontournables, presque aussi célèbres que la dune du Pilat.

Origine et étymologie du mot "tchanquée"

Contrairement à une croyance répandue, ces deux vieilles dames construites après la Seconde Guerre mondiale n'ont pas été édifiées pour surveiller les précieuses huîtres du bassin. Elles servaient initialement de lieux de villégiature à leurs occupants. Le mot "tchanquées" vient du gascon "chancas", qui signifie échasse. On appelle tchancat, tchancaïre ou tchancayre l'échassier, le berger des Landes monté sur des échasses.

La première cabane ostréicole de l'histoire

Historiquement, la toute première cabane tchanquée du bassin a bien été édifiée par un ostréiculteur, Martin Pibert, en 1883. Vivant à Gujan-Mestras, il souhaitait surveiller ses parcs à huîtres, victimes de vols à répétition. Autorisée par arrêté préfectoral et construite à l'est de l'île aux oiseaux, dans un lieu-dit nommé "la Sourdouille", la cabane offrait avec sa galerie un excellent poste d'observation. En 1904, la concession fut transmise à Gabriel Mozas. Cependant, cette frêle cabane aux pilotis de bois, faite de bric et de broc, n'était pas très résistante aux intempéries. Rongés par les vers et les mollusques, sapés par les marées, ses piliers déjà ébranlés par la tempête de 1927 furent finalement détruits en 1943 par une nouvelle tempête. Quelques vestiges restent visibles à marée basse.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des lieux de villégiature devenus patrimoine historique

Les deux cabanes tchanquées visibles aujourd'hui, les numéros 3 et 53, ont été construites pour l'usage personnel de leurs occupants. Ils venaient y pêcher à la crevette, chasser et profiter des joies de la baignade. En 1945, un charpentier menuisier d'Arcachon, le sieur Landry, décida de bâtir une nouvelle cabane tchanquée pour s'en servir de refuge d'agrément, à quelques dizaines de mètres de la première et sur son modèle. Avec sa teinte marron et ses volets rouge vif, cette cabane, devenue patrimoine historique et culturel du bassin d'Arcachon, porte le numéro 3.

Gabriel Mozas ayant transféré son titre à Hubert Longau, trois ans plus tard, en 1948, cet entrepreneur en bâtiment et maire-adjoint aux travaux de la Ville de la Teste de Buch obtint lui aussi l'autorisation, tant convoitée, d'ériger une deuxième cabane tchanquée en bois, presque à l'emplacement de la toute première cabane de 1883. Achevée en 1954, elle comporte des volets blancs et porte le numéro 53. La vie y était frugale, écologique avant l'heure : pas d'eau potable ni d'électricité, récupération des eaux de pluie, ravitaillement tous les deux jours en alimentation et pains de glace, parties de pêche à la crevette.

Domaine public maritime et gestion actuelle

À la mort d'Hubert Longau en 1973, sa sœur Paulette bénéficia du droit d'occupation de la cabane 53 durant vingt ans. Après son décès en 2000, le maire de La Teste-de-Buch prit un arrêté de péril au vu de l'état inquiétant des piliers en ciment de la cabane. À la fin de 2002, la gestion de l'île fut confiée au Conservatoire du littoral, qui passa avec la mairie des conventions d'occupation (fin 2004) et de gestion (début 2005). Comme quarante des cinquante cabanes (sans pilotis) construites sur l'île aux Oiseaux, ces cabanes sont édifiées sur le domaine public maritime, et leurs occupants sont titulaires d'une AOT (autorisation d'occupation temporaire).

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Destruction et reconstruction à l'identique

Entièrement déconstruite puis reconstruite (presque) à l'identique pendant l'hiver 2007-2008, moyennant 600 000 euros, la cabane 53 a déjà bénéficié d'une campagne de rénovation. C'est maintenant au tour de la cabane n°3 de subir le même sort, en cette fin d'année 2023, pour un budget total de 1 million d'euros. La fameuse cabane tchanquée aux volets rouges devrait ensuite ouvrir au public, selon le souhait de la municipalité, afin d'expliquer à quoi elle servait, avec sa jumelle. On pourra admirer leur environnement, avec l'île aux oiseaux et sa faune et sa flore, mais il ne sera pas possible d'y monter à plus de dix-neuf personnes pour des raisons de sécurité.