À Célas, dans le Gard, la mémoire des 32 martyrs du puits de lignite reste vive, 82 ans après les faits. La stèle commémorative, érigée en 1951, se dresse au carrefour des routes D6 et D747, à l'entrée du village. Elle constitue le premier monument officiel dédié à ce drame de la Seconde Guerre mondiale, avant le mémorial du puits construit en 1972.
Un charnier découvert en septembre 1944
Entre juin et juillet 1944, les Waffen SS ont transformé l'ancien puits de lignite désaffecté en charnier. Trente-deux corps y ont été précipités, principalement des résistants détenus et torturés au Fort Vauban d'Alès, puis exécutés d'une balle dans la nuque. Ce n'est que le 12 septembre 1944 que le service de renseignement des FFI-FTPF a localisé l'emplacement exact du charnier.
La remontée des corps a été une épreuve bouleversante pour la population locale. Les funérailles solennelles des martyrs ont eu lieu le 18 septembre 1944 à Alès, rassemblant plus de 25 000 personnes dans un hommage poignant.
Une stèle symbolique sans noms
Contrairement au puits, la stèle ne comporte aucun nom. Elle est ornée d'une Croix de Lorraine sculptée, incluse dans un grand « V » rouge et bleu, symbole de la victoire. Dans une forme architecturale stylisée et épurée, elle symbolise l'engagement des résistants. Au bas de sa façade centrale, une plaque vissée porte la mention solennelle : « Aux résistants du puits de Célas – juillet 1944 – Français n'oubliez jamais ».
La cérémonie officielle d'inauguration a eu lieu le 30 septembre 1951 devant une foule recueillie, en présence du Docteur Georges Salan, grand chef de la Résistance dans le Gard (mouvement Combat puis chef départemental des Mouvements unis de la résistance), arrêté, déporté et frère du général Raoul Salan. Il jouissait d'une autorité morale immense à Alès.
Un hommage annuel maintenu
La cérémonie annuelle d'hommage aux victimes devant la stèle et au mémorial du puits, construit en 1972 par le Comité d'union de la résistance Alésienne, se déroulera le 2 octobre. Ce rendez-vous permettra de perpétuer le souvenir des 32 martyrs, 82 ans après leur exécution.



