Casemate héroïque de Menton : 9 soldats contre 4000 Italiens en 1940
Casemate de Menton : 9 soldats contre 4000 Italiens

À la frontière franco-italienne, au pont Saint-Louis à Menton, chaque jour des centaines d'automobilistes passent devant une casemate célèbre, ignorant sans doute que c'est là que s'est déroulé, du 10 au 25 juin 1940, un épisode important et surtout victorieux de la bataille des Alpes. Ce petit ouvrage Maginot monobloc, constituant une première ligne de défense contre l'envahisseur potentiel, a été construit à quelques mètres seulement de la frontière italienne au début des années 1930. Il fait partie des nombreux ouvrages constituant la ligne Maginot, créée par André Maginot, alors ministre de la Guerre, pour défendre les frontières du Nord de la France à la Méditerranée.

Un cadeau inestimable

Constituée de deux petites pièces, l'une destinée au filtrage de l'air et l'autre à l'armement, la surface totale est d'environ 34 m². C'est là qu'ont vécu presque en autarcie huit soldats encadrés par le sous-lieutenant Charles Gros dès le 17 juin 1940, devenus aujourd'hui de véritables héros. Grâce à leur bravoure, ils ont repoussé pendant cinq jours, du 20 au 25 juin 1940, les assauts de près de 4 000 soldats italiens, jusqu'à la signature de l'armistice le 24 juin 1940.

Pendant les quinze jours que dura la fameuse bataille des Alpes, ils vécurent confinés dans ces locaux exigus, dormant dans des hamacs ou sur des paillasses, ravitaillés la nuit par d'autres soldats venus à pied, puisque la route d'accès à la casemate avait été piégée afin d'éviter tout passage de chars. Ne bénéficiant d'aucune installation électrique, l'éclairage se faisait uniquement avec des lampes à pétrole. Quant à la ventilation, elle s'effectuait grâce à un système de ventilation à pédalier, ce qui permettait ainsi aux hommes de faire aussi un peu d'exercice physique. La citerne d'eau placée à l'extérieur fut une des premières cibles des Italiens, privant ainsi les neuf soldats d'eau courante.

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Ouverte au public depuis 1996

Christian Fiquet-Albin, président de l'association Amicorf (Amis de la commission d'organisation des régions fortifiées), qui gère également le fort du Cap Martin, éprouve toujours beaucoup d'émotion à l'évocation de cet épisode glorieux. D'autant plus qu'en 1996, après la fin de la restauration permettant l'ouverture au public de la casemate du pont Saint-Louis, le sous-lieutenant Charles Gros en personne lui a offert le seul drapeau qui flottait sur le poste frontière (là où se trouve aujourd'hui la police française), qu'il avait judicieusement retiré dès que Mussolini déclara la guerre, par peur de le voir disparaître.

Aujourd'hui, la casemate et sa barrière de route anti-char ne se visitent que très rarement, en raison notamment de problèmes de sécurité inhérents à un bâtiment qui a vieilli et qui n'offre plus les garanties nécessaires pour accueillir du public. Heureusement, les actes de bravoure de ces neuf soldats demeurent et appartiennent à la mémoire et à l'histoire collectives. Et c'est peut-être là l'essentiel.

Position stratégique face à la frontière italienne

La casemate a joué un rôle majeur pendant la bataille des Alpes, qui dura du 10 juin au 25 juin 1940. Cet avant-poste resta invaincu pendant toute la durée de la bataille, et notamment du 20 au 25 juin, grâce à l'engagement, à la ténacité et à la bravoure de neuf soldats qui ont résisté et repoussé les assauts répétés de près de 4 000 soldats italiens. Ils étaient appuyés dans leur combat par le fort du Cap Martin, qui interdisait les voies de passage au niveau de Menton, tant sur la route que sur la voie ferrée, et par celui de Sainte-Agnès notamment.

Un armement d'infanterie

En matière d'armement, la casemate possédait une mitrailleuse interchangeable avec un canon antichar monté sur rail de 37 mm et un fusil-mitrailleur articulé FM modèle 24-29, ainsi qu'une commande de mise à feu à distance du dispositif de mine préparé (ou permanent) appelé DMP. L'ouvrage possédait aussi une barrière de route anti-char coulissante sur rail, ajourée pour permettre la surveillance des lieux au-delà de la barrière, et qui se déployait grâce à une manivelle bloquant instantanément le passage de tous types de véhicules.

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