Ce samedi 22 août 2026, la ville de Béziers commémore le 82e anniversaire de sa Libération, survenue le 22 août 1944. La journée sera marquée par plusieurs animations, dont une messe à 18 heures à l'église Saint-Jude, suivie d'un dépôt de gerbes au monument aux morts, puis d'un dîner sur réservation au jardin Émile-Aïn et d'un feu d'artifice tiré à 22 heures depuis le pont-Vieux, visible depuis le pont-Neuf et les rives de l'Orb.
Une ville marquée par les tragédies de 1944
La Libération de Béziers, cité de Riquet, met fin à une période de souffrances intenses. Les mémoires biterroises gardent notamment le souvenir du massacre du 7 juin 1944 et de la tragédie du 5 juillet, lorsque la ville fut bombardée par erreur par les Alliés. Ces événements ont profondément marqué les habitants.
Mais Béziers se souvient aussi de ses héros, à commencer par Jean Moulin, natif de la ville. La résistance locale y fut particulièrement active, avec des maquis comme celui de La Tourette, fondé par Jean Bène, et des corps de métiers engagés. Comme le relatait Jean-Claude Llinarès, vice-président biterrois de l'Arac, lors des 80 ans de la Libération : « À Béziers, les cheminots ont mené de nombreux actes de résistance, ainsi que les ouvriers métallos de l'entreprise Fouga, qui fabriquait et réparait des locomotives, avant d'être transformée, pendant la guerre, en usine de chenillettes pour les Allemands ».
La traque aux collaborateurs après la Libération
Le 22 août 1944, les différents maquis rassemblent leurs forces et attaquent l'occupant. Les FFI (forces françaises de l'intérieur) de Francis Jouvin, alias capitaine Cabrol, s'emparent de l'hôtel de ville et des principaux bâtiments officiels, aux côtés du Comité local de Libération présidé par l'avocat socialiste Pierre Malafosse. Dès le mois de septembre, une cour martiale est instaurée pour emprisonner de nombreuses personnes. Seize d'entre elles seront condamnées à mort et exécutées sur-le-champ.
La collaboration a également touché Béziers, comme ailleurs en France. Laurent Galy, professeur d'Histoire au lycée Jean-Moulin, nuance : « Ça n'est pas glorieux, ça n'est pas forcément ce qu'on a envie de raconter mais c'est la réalité. Béziers a été occupée une vingtaine de mois et pendant cette période, beaucoup ont, ou collaboré, ou fait profil bas. Sur la fin de l'Occupation, par contre, c'est vrai qu'il y a eu beaucoup d'actes de résistance ».
La commémoration de ce samedi rend hommage à la fois aux héros de la Résistance et aux victimes des tragédies de 1944, rappelant le prix de la liberté retrouvée il y a 82 ans.



