Chaque samedi matin, à la Tamarissière, les visiteurs sont nombreux à venir découvrir un patrimoine méconnu : les anciens bunkers allemands de la Seconde Guerre mondiale. En été, entre 400 et 500 personnes franchissent chaque semaine les portes de ces bâtiments militaires, ouverts gratuitement au public tous les samedis de 9 h 30 à 12 h.
Une restauration portée par des passionnés
À l’origine de cette mise en valeur se trouve David Mallen, président de l’association Agde-Histoire 39-45, créée en 2009 avec Fabrice Goudouly. Passionnés d’histoire locale, les deux hommes ont entrepris de restaurer ces fortifications longtemps laissées à l’abandon. « J’avais envie de faire vivre ce patrimoine historique », explique David Mallen. Historien local, collectionneur d’objets de la Seconde Guerre mondiale et auteur de plusieurs ouvrages, il s’intéresse depuis longtemps à cette période, également marquée par son histoire familiale : ses grands-parents, qui fuyaient le franquisme, ont été internés au Cap d’Agde. « Peu de gens savent que les Allemands étaient aussi dans le sud », souligne-t-il.
L’ouverture progressive des bunkers
Le premier bunker à ouvrir ses portes est le bunker 638, inauguré en 2015 après deux années de restauration. Niché au cœur du camping de la Tamarissière, cet imposant bâtiment était autrefois une infirmerie militaire allemande. Face au succès rencontré par le bunker 638, l’association poursuit son travail de restauration. En 2022, le bunker 610, ancien poste de commandement de la batterie de la Tamarissière, ouvre à son tour. En 2025, les bunkers 622 et 622 A sont venus compléter le site. Le bunker 622 présente l’armement et le 622 A a été aménagé comme espace d’accueil du site. La plupart des objets exposés dans les bunkers sont d’origine et proviennent de la collection personnelle de David Mallen.
Un site historique très fréquenté
L’histoire de ces bunkers remonte à novembre 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord et l’occupation de la zone libre par l’Allemagne. La côte méditerranéenne est alors massivement fortifiée : plus de 900 bunkers sont construits entre les Pyrénées et les Alpes, dont près d’une centaine à Agde. À la Tamarissière, une cinquantaine de bunkers sont installés. Une trentaine subsiste encore aujourd’hui. Sur place, les visiteurs découvrent les lieux librement, accompagnés par les bénévoles de l’association qui répondent à leurs questions. Sept à huit membres assurent chaque ouverture hebdomadaire. L’entrée reste gratuite, un choix défendu par David Mallen : « Je veux que la culture soit gratuite ». Les seules ressources de l’association proviennent des dons déposés dans les bunkers. Un fonctionnement qui semble séduire puisque près de 14 000 visiteurs viennent chaque année découvrir ce site historique.
Des projets de restauration pour l’avenir
Les travaux continuent avec la restauration du bunker 607, une ancienne soute à munitions qui devrait ouvrir au public l’année prochaine.



