Balade en mer sur l'Ange Gardien : sur les traces du corsaire Claude Terrisse
Balade en mer sur l'Ange Gardien, réplique d'un navire du XVIIe

Six jours sur sept durant l'été, l'Ange Gardien embarque les visiteurs pour des sorties en mer au départ du Grau d'Agde. À son bord, Michel Rezé, capitaine et propriétaire du voilier, partage avec passion l'histoire de cette réplique d'un navire du XVIIᵉ siècle.

À bord, une dizaine de passagers prennent place. Pendant une vingtaine de minutes, le moteur guide l'Ange Gardien jusqu'au large. Puis vient le moment d'établir les voiles. Les plus jeunes prêtent main-forte en tirant sur les cordages. Ce jour-là, le vent est discret et le voilier glisse paisiblement sur une mer calme.

Une réplique unique au monde

Construit en 2020, l'Ange Gardien est une réplique d'un navire du XVIIᵉ siècle. Avec ses trois mâts et ses voiles latines, il rappelle les bateaux qui sillonnaient autrefois la Méditerranée. "Des bateaux de ce type-là, c'est rare. Il n'y en a qu'un seul au monde", souligne Michel Rezé, propriétaire et capitaine du navire. Le voilier devrait d'ailleurs prochainement être inscrit au patrimoine matériel de l'UNESCO.

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L'histoire de Claude Terrisse, corsaire agathois

Au fil de la navigation, le capitaine raconte l'histoire de Claude Terrisse, figure de l'histoire agathoise. Né à Agde en 1598, il commande alors un Ange Gardien bien plus imposant que cette réplique : six à sept mètres de plus, six canons et une cinquantaine d'hommes d'équipage. À cette époque, la Méditerranée est régulièrement frappée par les attaques des pirates ottomans. Pour protéger le commerce maritime, les souverains confient alors des lettres de course à des capitaines autorisés à combattre les pirates. D'abord au service du duché de Savoie, Claude Terrisse rejoint ensuite le royaume de France lorsque le cardinal de Richelieu met sa flotte au service de Louis XIII, dans le contexte de la guerre contre l'Espagne. Ses exploits lui valent d'être anobli par Louis XIV. À 60 ans, il devient le premier consul d'Agde et lègue, à sa mort, sa fortune aux plus démunis.

Transmettre un patrimoine maritime

Faire revivre cette mémoire est précisément ce qui anime Michel Rezé. "Claude Terrisse me passionne. Il est parti d'un milieu assez modeste et il a su se faire un nom. Je voulais transmettre ce patrimoine. On parle souvent des marins de l'océan Atlantique, mais très peu de ceux de la Méditerranée", confie-t-il. Pour le capitaine, l'Ange Gardien est aussi un moyen de mettre en valeur l'histoire agathoise et de faire revivre la mémoire de Claude Terrisse.

L'histoire du capitaine rejoint par certains aspects celle du marin d'aujourd'hui. Né en 1957, Michel Rezé grandit au bord de la Méditerranée. Capitaine de première classe de la navigation maritime, il acquiert en 1987 le voilier traditionnel Le Vieux Crabe avant de reconstruire l'Ange Gardien en 2020. L'hiver, le bateau reste amarré au Grau d'Agde. Au printemps et à l'automne, Michel Rezé sillonne la Méditerranée sur les traces du corsaire et donne des conférences. L'été, il embarque les visiteurs pour des balades en mer au départ du Grau.

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