Un trésor de marionnettes en attente d'un nouveau destin
Le Théâtre du Caucase, ouvert en 1983 à Saint-Jean-de-Védas, a été pendant trente-sept années consécutives un lieu de spectacle et un écrin pour une collection exceptionnelle de marionnettes. Patiemment constituée par son fondateur Michel Pelet, disparu brutalement en 2022, cette collection compte aujourd'hui 6 300 figurines venues des quatre coins du monde, accompagnées de décors, affiches, livres et scripts de spectacles.
Une passion d'enfance devenue une quête patrimoniale
L'histoire de cette collection singulière commence le lendemain de Noël 1977, lorsque Michel Pelet, alors âgé de 8 ans, reçoit ses premières marionnettes en cadeau. Quarante-neuf ans plus tard, cette passion enfantine s'est transformée en une véritable quête onirique, rassemblant des pièces de tous les continents et de toutes les époques.
Éducateur spécialisé de formation, Michel Pelet a débuté avec le Théâtre de l'Atelier des enfants à Montpellier de 1977 à 1982, avant de s'installer à Saint-Jean-de-Védas. Le Théâtre du Caucase y a fonctionné régulièrement jusqu'en 2014, puis de manière ponctuelle jusqu'à l'été 2019.
Une collection d'une richesse exceptionnelle
La collection comprend des marionnettes à tiges, à tringles, à fils, à baguettes ou à clavier, représentant des personnages populaires français, européens, américains des années 1920, chinois, africains dédiés aux rites et cérémonies. Elle compte également environ deux cents castelets, dont certains datant de la fin du XIXe siècle.
"La collection a grandi tout doucement pendant longtemps puis s'est accélérée dans les années 2000", explique Jean-Luc Boucherat, compagnon et précieux associé de scène de Michel Pelet, devenu aujourd'hui le gardien de ce temple. "Avec internet, Michel qui était autodidacte et fabriquait ses propres représentations, s'est mis à acheter des marionnettes dans le monde entier."
La recherche d'une institution d'accueil
Respectant le souhait de Michel Pelet, Jean-Luc Boucherat souhaite offrir cette collection à une collectivité ou un musée, à la condition expresse qu'elle ne soit pas dispersée et qu'elle reste visible pour le plus grand nombre.
Il y a déjà trois ans, il a contacté la Métropole de Montpellier pour évaluer son intérêt, mais le processus semble s'être enlisé. Parallèlement, plusieurs autres villes ont été approchées, dont Charleville-Mézières, qui abrite la Cité des arts de la marionnette et est considérée comme une référence mondiale dans cet art, Mirepoix, dont le festival est reconnu, et Lyon. Des contacts ont même été établis au-delà des frontières hexagonales.
Un défi de conservation et de mise en valeur
La difficulté pour l'institution retenue sera d'absorber l'intégralité des biens proposés et de les présenter dans des conditions optimales. Nombre de pièces présentent une réelle valeur du fait de leur qualité d'exécution, de leur rareté ou de leur âge, formant un véritable trésor patrimonial et culturel.
Depuis la pandémie, le Théâtre du Caucase a repris ses représentations de manière ponctuelle, ouvrant jusqu'à six jours par an depuis 2024. Mais l'avenir de la collection, elle, reste suspendu à la décision d'une institution capable d'accueillir et de valoriser cet héritage unique.



