Laurent Voulzy envoûte Mérignac avec un récital intime et nostalgique
Le chanteur emblématique de « Mes nuits sans Kim Wilde » a offert deux soirées exceptionnelles au Pin Galant de Mérignac, les 20 et 21 mars. Devant une salle comble de 2 800 spectateurs, il a parcouru avec grâce un répertoire riche de cinq décennies, créant une bulle de douceur et de souvenirs partagés.
Une entrée en scène sobre et élégante
Il apparaît seul, surgissant du fond de la scène, guitare à la main, vêtu d'une veste et d'une chemise chic sur un jean savamment usé. « Bubble star », tube pop et véritable signature musicale de Laurent Voulzy, ouvre le bal en douceur. « Il ne bouge pas, c'est fou », murmure Évelyne, 77 ans, comme l'artiste. « Il a bien mûri, comme nous », ajoute son mari Gilbert. Le public, fidèle et ayant vieilli avec lui, vibre à l'unisson.
Un voyage à travers un demi-siècle de chansons
De « My song of you » à « Le Soleil donne », en passant par « Belle-île-en-Mer, Marie-Galante » et le mythique « Cœur grenadine », chaque titre évoque une mémoire collective. « Si ça se trouve, je suis un peu dans sa vie », confie l'artiste, partageant l'anecdote d'un serveur bordelais lui offrant un diabolo grenadine avec un clin d'œil. Le sommet émotionnel est atteint avec « Le Rêve du pêcheur », magnifié par quatre musiciens dont les claviers de Michel Amsellem et les chœurs de Karen Brunon.
Un concert qui prend son envol après un départ timide
La soirée débute doucement, presque trop calme, face à un public réservé. Mais Voulzy parvient à briser la glace avec la reprise soyeuse de « The Captain of her Heart » (1985), suivie de « La Fille d'avril », un chef-d'œuvre d'Alain Souchon qui « mériterait un fauteuil à l'Académie ». L'énergie monte d'un cran avec « Karin Redinger », « Jeanne » et les envoûtantes « Nuits sans Kim Wilde ».
Le flipper de la nostalgie devient alors fringant : les tubes défilent, ponctués de perles plus rares comme « Quatre nuages », « Je suis venu pour elle », « La Nuit » ou le délicieux « Cocktail chez mademoiselle ». Voulzy conserve cette tendresse rieuse et cette timidité dissimulée derrière une pop magique.
Une fin de spectacle émouvante et énergique
Il se balade dans les travées sur « Rockcollection » avant de nous quitter avec « Paradoxal système », chanson idéale sur un amour qui grandit avec la distance. Brandissant son oriflamme, il semble ne jamais vouloir dire au revoir, à l'image de notre propre adieu à la jeunesse. À 77 ans, tout comme Alain Souchon, il dégage une énergie réjouissante et contagieuse.
Plus de deux heures de concert pour une vingtaine de titres : un véritable marathon sentimental qui a ravi les spectateurs, prouvant que la pop intemporelle de Laurent Voulzy continue de briller avec intensité.



