Valentin Casenove a remporté le Grand Prix de la Saint-Louis à Sète, ce lundi 24 août, avec une immense prestance. L'ancien rugbyman, contraint de raccrocher les crampons il y a deux ans à 28 ans en raison de problèmes aux cervicales, avait mis les joutes entre parenthèses. Cette saison, la flamme s'est rallumée et sa prestation a embrasé le Cadre royal.
Une victoire dédiée à son cousin Mikaël Arnau
La nuit qui a suivi sa victoire a été longue pour le champion. « On a fait l'apéro chez Boule, tranquillement, jusqu'à 2 h 30. Puis on est allé au hangar de la Lance Amicale. Il y avait des amis de toutes les sociétés de Sète, on devait être une cinquantaine », raconte-t-il. Il a ensuite tenu à aller voir son cousin, Mikaël Arnau, qui n'a pas pu se déplacer. « Je lui ai amené le pavois », précise-t-il. La nuit s'est terminée à 10 heures.
Cette victoire, il la dédie avant tout à son cousin. « Je suis vraiment revenu dans les joutes cet été. Mon problème aux cervicales m'avait éloigné, tout comme ce qui est arrivé à mon cousin Mika. Cette victoire, elle est avant tout pour lui. Avec tout ce qu'il m'a donné, je me devais de lui rendre de cette façon », confie-t-il.
Des qualifications spectaculaires et une finale maîtrisée
Interrogé sur son parcours lors des qualifications, Valentin Casenove reconnaît que sa « belle histoire ne tient pas à grand-chose ». « Si Benjamin Arnau avait jeté son deuxième homme, je lui aurais fait le jeu en troisième », explique-t-il. Il se souvient qu'il y a deux ans, il avait jeté Dorian Valéry avant de perdre contre Benjamin Virenque. Cette année, Benjamin était son premier homme, mais il n'y a « pas du tout pensé ». « J'étais focus », ajoute-t-il.
Sa prestation a été spectaculaire. « Après ma finale de la Coupe d'Or, je me suis juste dit que ça passerait si je joutais comme depuis quelque temps. En avant et on serre tout ! J'essaie de faire en sorte que le public se régale », souligne-t-il. Il dit avoir été élevé en regardant jouter des gars comme Benjamin Arnau. Ensuite, il y a eu José Delmas, qu'il a pris en début de saison et avec qui il avait fait le bouquet sur une passe « un peu moche ». « Mais là, je me sentais bien. Ces choses-là, tu les sens », assure-t-il. Il en fut de même face à Denis Talano.
Lors des revanches, il a offert ce qui fut certainement la plus belle passe face à Alain Le Bail. « Alain, il sait tout faire. Contre des jouteurs comme lui, tu sais que tu peux y aller à fond, il n'y aura pas de mauvais coup », explique-t-il. Cédric Amatore aurait ensuite pu rester à l'eau et lui aller directement en finale, mais Valentin Casenove a préféré faire sa demie « pour être dans le bon état d'esprit ».
En finale, il a abordé l'épreuve avec calme. « Des finales, j'en ai perdu deux cette année, Marseillan et la Coupe d'Or. J'avais besoin d'arrêter de parler de finales ! Sincèrement, si je l'avais perdue, j'aurais été au fond du seau, surtout après le tournoi que j'avais fait. Je suis resté calme et j'ai vraiment réussi à tout lâcher », confie-t-il. Il pense que le public était content : « Je n'ai reçu que des commentaires positifs ! »
Une première victoire en lourds et un message pour l'avenir
Valentin Casenove était bien entouré sur la tintaine, avec Medhi Djemmal, son ami Kiko Britto, Hugo Noguet, Loïc Cerrato… « Ça motive, mais j'avoue que je n'entendais rien. J'étais dans ma bulle. Simon Caselli m'a dit la même chose, quand tu es dans cette bulle, il ne peut rien t'arriver », raconte-t-il.
Cette victoire en lourds est une première pour lui. « J'ai toujours tourné autour et je m'en rapprochais cette année. Depuis que j'ai franchi le cap de faire un prix, c'est différent. Gagner la Saint-Louis en premier, c'est le Ballon d'Or. Et si c'est en proposant une joute que les gens aiment, c'est vraiment parfait. Je peux arrêter les joutes ! », lance-t-il avec humour.
Interrogé sur la suite, il se dit prêt à saisir une nouvelle opportunité si elle se présente. « Cette Saint-Louis, je la prends avec bonheur. Je me dis que si une autre se présente, j'irai la chercher à fond. Mais ce n'est pas l'essentiel. Pour moi, les joutes, c'est la devise de la Lance Amicale Sétoise : "les copains d'abord". C'est le respect, l'amitié, la camaraderie. On s'amuse, on rigole, on passe la journée entre amis », conclut-il.



