Diffusé ce vendredi 10 juillet à 22h45 sur RTL9, « New York 1997 » (1981) de John Carpenter s'impose comme un anti-film d'action. Loin des explosions à outrance, le réalisateur d'« Halloween » livre une œuvre de science-fiction contemplative, stylisée et portée par un irrésistible tempo électro.
Un héros individualiste dans un Manhattan-prison
Tout semblait réuni pour faire de ce film un classique du genre : un héros légendaire, Snake Plissken (Kurt Russell), ancien soldat devenu hors-la-loi, chargé de sauver le président des États-Unis dont l'avion s'est écrasé dans Manhattan, transformé en pénitencier à ciel ouvert. Pourtant, Plissken n'a rien d'un patriote. Carpenter déjoue les attentes en faisant de lui un farouche individualiste, dont la seule motivation est d'échapper à une peine de prison à vie.
Un rythme mesuré et des instants surréalistes
Plutôt que de multiplier les effets pyrotechniques, Carpenter adopte un rythme mesuré, presque nonchalant, et explore un Manhattan nocturne et envoûtant, fait d'immeubles en ruines et de rues désertes. Dans ce paysage chaotique, l'apparition d'un taxi jaune ou un spectacle de music-hall deviennent de purs instants surréalistes. Le budget est modeste, mais avec James Cameron aux effets visuels, le résultat est à la fois spectaculaire et poétique.
Un rebelle à Hollywood
Alors que le gouvernement est en pleine crise, Plissken tire une chaise d'un tas de gravats et s'allume une cigarette. Jamais on n'imaginerait Rambo ou Martin Riggs, le héros de « l'Arme fatale », prendre un moment de réflexion au milieu de l'action. Cette désinvolture fait de Snake le héros le plus cool des années 1980. La testostérone n'a jamais été le fort de Carpenter, digne héritier de Howard Hawks et de ses cowboys sentimentaux autant que des artisans inventifs de série B. Il se moque du vedettariat et préfère réunir des renégats flamboyants : Harry Dean Stanton, Ernest Borgnine, Donald Pleasence, Lee Van Cleef, le musicien funk Isaac Hayes, et la dure à cuire Adrienne Barbeau.
Kurt Russell, une fidélité à Carpenter
Kurt Russell, ex-enfant acteur des studios Disney, n'avait alors rien d'une star et peinait à trouver des rôles intéressants à Hollywood. Même après les succès de « Tequila Sunrise » et « Backdraft », il restera fidèle à « Big John », le retrouvant dans « Los Angeles 2013 », suite exubérante de « New York 1997 » qui moque le politiquement correct de son époque.
◗ Vendredi 10 juillet à 22h45 sur RTL9. Film de science-fiction américain de John Carpenter (1981). Avec Kurt Russell, Lee Van Cleef, Ernest Borgnine. Durée : 1h35.



