Il y a 40 ans, Lionel Hampton enflammait Angoulême pour le 10e Festival de jazz
Lionel Hampton enflammait Angoulême en 1985

Dans les archives du journal Sud Ouest, un article daté de mai 1985 raconte une soirée mémorable qui a marqué le 10e anniversaire du Festival de jazz d'Angoulême. Le 21 mai 1985, le légendaire vibraphoniste Lionel Hampton a offert un concert d'exception, transformant le chapiteau en une véritable piste de danse collective.

Une foule en délire

Jamais encore nous n'avions vu à Angoulême un millier de personnes se trémousser, taper du pied, frapper dans les mains et reprendre en chœur les onomatopées syncopées lancées par le bon vieux papa Hampton : « Hey bop re bop », « Hey bop-re-bop ». La foule, joyeusement unie, rappelait l'ambiance de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Los Angeles. Le délire était total.

Un big band de légende

Sur scène, Lionel Hampton passait de son vibraphone plaqué or à sa batterie enguirlandée de petites lumières, jonglant avec ses baguettes et rythmant les pulsations d'un orchestre vrombissant. Ce groupe de super-professionnels offrait une perfection rare : chaque note était à sa place, chaque solo merveilleusement ciselé. Les saxos se faisaient caressants à la manière de Glenn Miller, les trompettes sonnaient comme chez Count Basie, et les trombones ronflaient à la mode ellingtonienne. Mais cette superbe machine portait indéniablement la griffe de Lionel Hampton, avec un swing qui prenait aux entrailles.

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Un art progressif de l'émotion

Les jazzophiles modernes auraient peut-être boudé ce style jugé rétro, mais sous le chapiteau, aucun spectateur – lycéen ou quinquagénaire – n'a échappé à l'envoûtement. La musique, éclatante de joie de vivre, mélodieuse et cadencée, montait progressivement en pression pour aboutir à une explosion finale. Les grands standards comme « On the sunny side of the street » ou « In the mood » ont emporté l'adhésion des plus réticents, tandis que l'apothéose « When the saints go marching in » a vu les musiciens descendre dans le public, avec un papa Hampton heureux comme un jeune marié, jouant ce tube pour la 10 000e fois avec une énergie prodigieuse.

Un monstre sacré du jazz

Comment ne pas admettre que Lionel Hampton est une véritable star, un de ces derniers monstres sacrés dont l'œuvre appartient à la grande histoire universelle de la musique ? Mister Hampton est aujourd'hui au jazz ce que Bach ou Vivaldi étaient à la musique baroque. Raison de plus pour apprécier sa présence à Angoulême et remercier le festival d'avoir offert cette soirée merveilleusement tonique pour son 10e anniversaire.

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