Feria du Riz : Roca Rey triomphe, six oreilles et une queue à Arles
Feria du Riz : Roca Rey triomphe à Arles

Pour l’ouverture de la feria du Riz, la corrida “goyesque” des arènes d’Arles a tenu toutes ses promesses. Six oreilles et une queue ont été décernées au terme d’un après-midi dense, marqué par le triomphe d’Andrés Roca Rey, auteur d’une performance d’une intensité rare. Le Péruvien a obtenu un avis avec une oreille face à son premier adversaire, puis deux oreilles et la queue devant le cinquième toro, déclenchant l’enthousiasme des 9 000 spectateurs présents.

Un après-midi de records et d’émotions fortes

La corrida, qui s’est déroulée sous un ciel dégagé et a duré 2 h 50, a vu défiler des toros des ganaderias Jandilla, Vegahermosa et Sorando Herranz, pesant respectivement 535, 490, 500, 505, 540 et 530 kg. Le troisième et le cinquième toro ont été honorés d’une vuelta posthume, signe de leur bravoure. Juan Ortega, en sapin sur motte de neige et noir, a récolté une oreille (discutable) et un silence, tandis que Marco Pérez, en curaçao des Antilles et noir, a obtenu deux oreilles et un avis avec silence.

Juan Ortega, entre esthétique et irrégularité

Chef de lidia, Juan Ortega a affronté un premier adversaire au tempérament compliqué, offrant des détails d’une remarquable esthétique qui lui ont valu la première oreille de la corrida. Cependant, face à un public quelque peu dissipé, probablement en raison d’un changement de toro, il n’a pas vraiment réussi à convaincre, même si des fragments de son sens artistique ont encore percé. Son second combat s’est soldé par un silence, malgré des moments de qualité.

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Marco Pérez, la révélation du jour

Marco Pérez a immédiatement trouvé le chemin du succès. Débutant avec la cape ou la muleta par des séries à genoux, il a fait preuve d’énergie, de souplesse et d’intensité. Conduisant son adversaire dans de longs “redondos” et servant des naturelles harmonieuses, le jeune maestro a signé une faena de couleurs et de rythmes, conclue par une estocade qui a libéré l’enthousiasme. Face à son autre opposant, accueilli “a porta gayola”, il a déployé la même ardeur, mais l’acier a refroidi le climat, aboutissant à un avis avec silence.

Roca Rey, l’émotion majuscule

Pour Andrés Roca Rey, cette journée restera importante. Recevant son premier adversaire avec la muleta par des “statuaires” d’école, il a impressionné par sa muleta veloutée et sa maîtrise, obtenant un avis avec une oreille. C’est devant le cinquième toro que l’émotion a gagné les gradins. Après un début de faena magistral et des passes d’un pouvoir souverain, un interminable et angoissant accrochage a fait basculer le combat dans un climat de tension indescriptible. Montrant un engagement et une force hors normes, d’une sincérité à tirer les larmes, le Péruvien a été inoubliable, décrochant deux oreilles et la queue.

Le décorum imaginé par le jeune artiste Arsène Welkin, avec un soutien musical et vocal jugé trop sonore, a accompagné cette journée qui restera dans les mémoires des aficionados. La qualité générale des toros, notamment ceux de Jandilla, a contribué à la physionomie relevée des combats, grâce à la générosité et à la bravoure des animaux, soulignées par le comportement des picadors. Cette corrida goyesque a confirmé la densité de l’offre taurine arlésienne pour cette feria du Riz.

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