Eurovision 2026 : Alexandra Redde-Amiel mise sur Monroe pour renouer avec la victoire
Depuis sa nomination à la tête de la délégation française en 2020, Alexandra Redde-Amiel a su impulser une dynamique positive pour le pays dans les concours musicaux internationaux. Sous sa direction, la France a remporté quatre victoires à l'Eurovision Junior, démontrant son flair pour repérer et soutenir de jeunes talents prometteurs. Sur le front de l'Eurovision adulte, le bilan est plus contrasté mais néanmoins honorable, avec des places de finaliste pour Barbara Pravi (2e en 2021), Slimane (4e en 2024) et Louane (7e en 2025), tandis qu'Alvan et Ahez (24e en 2022) et La Zarra (16e en 2023) ont également porté haut les couleurs tricolores.
Une certitude anime Alexandra Redde-Amiel, qui cumule également le rôle de directrice des divertissements et jeux de France Télévisions : sa motivation est intacte et sa détermination, sans faille, pour offrir à la France un successeur à Marie Myriam, dernière gagnante française en... 1977. Pour l'édition 2026 qui se tiendra à Vienne, en Autriche, elle a jeté son dévolu sur Monroe, une artiste de 17 ans révélée par l'émission « Prodiges » qu'elle a remportée l'année dernière. Convaincue que la chanson Regarde ! et la voix exceptionnelle de la jeune chanteuse constituent des atouts majeurs, elle nourrit l'espoir d'un résultat optimal en mai prochain.
Une campagne sous le signe du stress et de l'excitation
Interrogée sur le lancement de la campagne depuis la révélation de la chanson début mars, Alexandra Redde-Amiel confie : « C'est une proposition différente des autres années, donc il y a beaucoup de stress. Me demander comment cette chanson va être reçue fait partie de cette excitation et de cette passion que j'ai pour l'Eurovision. Et là, ce qu'on reçoit, c'est incroyable. Il n'y a que de l'amour autour de Monroe. » Elle avoue scruter attentivement les réactions sur Internet, s'en nourrissant pour affiner la stratégie. Les retours sont élogieux, qualifiant déjà Monroe de « diva » ou de « queen », un statut qu'elle semble assumer avec une maturité impressionnante pour son jeune âge.
Une approche artistique audacieuse et réfléchie
Face aux récentes victoires de chansons au registre pop opératique, la directrice de la délégation française assure ne pas avoir suivi une logique d'imitation. « Non, on n'a pas réfléchi comme ça. On a cherché à travailler sur un autre style que la variété française. À travers la comédie musicale, le lyrique, la pop, on peut faire rayonner d'autres musiques sur notre scène. Ce qui nous importait était de proposer une autre chose cette année par rapport aux éditions précédentes. »
La genèse de Regarde ! est le fruit d'une collaboration fructueuse avec les Violin Phonix, apportant une touche lyrique, et deux autres compositeurs aux influences plus pop. « On a mélangé tout ça. On a passé des heures en studio pour travailler le côté dramaturgique et théâtral de la chanson sans négliger son côté pop. Regarde ! n'est pas une balade à strictement parler et il fallait faire entrer le lyrique dans la pop. C'était un exercice fascinant. » Monroe elle-même a grandement contribué à l'élaboration de la chanson, proposant des idées audacieuses grâce à sa musicalité innée.
Une mise en scène théâtrale pour créer « un moment »
La théâtralité évoquée se concrétisera sur la scène de l'Eurovision par une mise en scène inédite. « La mise en scène sera très différente de ce qu'on a l'habitude de faire. Ce que je peux vous dire aujourd'hui, c'est qu'elle sera très théâtrale. La ligne directrice, c'est : 'regarde-moi !'. Cette chanson dit beaucoup de choses, on a envie de regarder le monde, de regarder les gens dans les yeux. La proposition de Monroe sera intense. » Alexandra Redde-Amiel insiste sur la nécessité de créer « un moment » unique, convaincue que les chansons purement radiophoniques peinent à opérer leur magie sur une telle scène.
Si les jurys professionnels devraient être sensibles à la prouesse technique et vocale de Monroe, le vote du public reste une inconnue. « Bien sûr qu'on appréhende le vote public parce qu'on ne peut jamais savoir comment il va réagir. La seule chose qui est importante aujourd'hui, c'est que Monroe se prépare comme une championne. » La chanson, techniquement exigeante avec des passages du registre de basse à celui de soprano, requiert une perfection qui pourrait séduire les jurys. Pour le public, l'objectif est de créer une connexion immédiate durant les trois minutes de passage.
Un premier test grandeur nature à Amsterdam
La première prestation officielle en live de Monroe aura lieu le 11 avril à Amsterdam, lors d'un concert pré-Eurovision devant 6 000 personnes. Cet événement est vu comme une opportunité précieuse pour la délégation française. « Pour Monroe, ce qui est très important dans cette aventure, c'est la rencontre avec les cultures. [...] Et pour nous, la délégation, ce concert d'Amsterdam sera l'occasion de sentir le public, de jauger sa réaction... » La jeune artiste, déjà très intégrée parmi les autres candidats, vit cette expérience avec enthousiasme et curiosité.
À seulement 17 ans, Monroe bénéficie d'un accompagnement renforcé pour la protéger dans un contexte parfois intense. « On l'accompagne énormément. Sa famille est là, elle est extrêmement présente. Mais je dirais aussi qu'il y a quelque chose de spécial avec Monroe. Elle est un exemple de respect, d'amour. Elle aime réunir les gens et je pense qu'elle va avoir une place fondamentale à l'Eurovision cette année. » Son charisme et son talent ont déjà conquis d'autres artistes participants, créant une atmosphère bienveillante autour d'elle.
Une concurrence riche et diversifiée
Concernant la concurrence, Alexandra Redde-Amiel garde un œil sur le top 5 des bookmakers, tout en célébrant la diversité culturelle qui enrichit le concours. « Je dirais le top 5 des bookmakers, en gros, qui est toujours à regarder. Mais ce que je trouve génial, c'est que chacun a sa culture. [...] C'est avec nos racines que l'on se bat. C'est avec nos racines qu'on va entrer dans cette compétition. Et je crois que, pour le monde, ça veut dire beaucoup de choses aussi. » Elle exprime sa fierté de voir la France concourir avec des artistes authentiques, porteurs de leur héritage linguistique et musical.
Alors que l'Eurovision 2026 approche, la délégation française, menée par une Alexandra Redde-Amiel résolument optimiste, mise sur l'alchimie entre le talent brut de Monroe et une stratégie artistique audacieuse pour enfin renouer avec la victoire, plus de quarante ans après le dernier succès tricolore.



