Esilise, la DJ lot-et-garonnaise qui électrise les clubs d'Europe et d'Asie
À bientôt 27 ans, Lisa Demonin, connue sous le pseudonyme Esilise, secoue les pistes de danse à travers l'Europe et a même étendu son influence jusqu'en Asie. Originaire de Buzet-sur-Baïse, un petit village de 1 200 habitants dans le Lot-et-Garonne, elle a parcouru un chemin remarquable depuis ses débuts timides.
Une révélation musicale à Garorock
Plus jeune, Lisa Demonin n'aurait jamais imaginé embrasser une carrière de DJ. Issue d'une famille profondément enracinée dans sa commune, elle menait une vie d'adolescente réservée jusqu'à l'été 2017. Cette année-là, lors du festival Garorock, elle découvre la techno grâce à Sam Paganini. « Un coup de foudre, je suis tombée amoureuse immédiatement. Cela m'a percutée, je me suis mise à danser sans même le vouloir », confie-t-elle. Cette expérience a déclenché une passion dévorante pour les basses électroniques et les vibrations intenses.
Des débuts modestes à une ascension fulgurante
Après cette révélation, Lisa s'est mise à fréquenter assidûment les soirées techno hardcore. En parallèle, elle a acheté du matériel pour apprendre à mixer, s'entraînant seule dans sa chambre. Installée à Toulouse pour des études de communication, elle a proposé ses services au club Follow Me. « Un jour, mon patron m'a proposé de mixer lors d'une soirée techno 100 % filles. C'était ma toute première scène, et j'étais très stressée », se souvient-elle. De janvier à mars 2020, elle s'y est produite trois fois avant la fermeture des clubs due à la pandémie de Covid-19.
Malgré cet arrêt brutal, Lisa n'a pas abandonné. Sous le nom d'Esilise, elle a continué à mixer chez elle, partageant ses créations sur SoundCloud. En déménageant à Paris pour poursuivre ses études, elle a intégré une agence de booking, ce qui lui a ouvert les portes de scènes internationales. Elle a ainsi performé en Allemagne, Belgique, Suisse, Italie, Espagne, Irlande, Angleterre, Portugal, Finlande, Hongrie, et même en Inde et au Japon, avec une prochaine date prévue au Kosovo.
Des moments marquants et des défis à surmonter
Parmi ses expériences les plus mémorables, Lisa cite le festival Impact au Mans en 2024, où elle a mixé devant 8 000 personnes. « C'était fou, je me suis sentie toute petite », avoue-t-elle. Cependant, la scène hard tech, bien que en plein essor, reste un milieu concurrentiel et parfois misogyne. « Il est difficile d'être prise au sérieux quand on est une femme. On reçoit des commentaires désobligeants, sous-entendant que si on est là, c'est uniquement parce qu'on est jolie ou pistonnée », déplore-t-elle, tout en s'inspirant de l'artiste engagée Paula Temple.
Un lien fort avec ses racines
Malgré son succès international, Lisa n'oublie pas ses origines. Elle rêve de faire découvrir son univers à sa famille, notamment lors d'un festival dans le Lot-et-Garonne. « Mes parents sont fiers de moi, même s'ils ne comprennent pas trop le monde dans lequel j'évolue », explique-t-elle. Un moment fort a été de mixer à Lisbonne pendant des vacances familiales, où sa sœur, impressionnée, lui a dit : « Tu as vu comme les gens te regardent et comment tu les fais danser ? ».
Aujourd'hui, Esilise continue de combiner sa carrière de DJ avec un travail dans la communication, tout en gardant un œil sur les opportunités de se produire près de chez elle, peut-être même à Garorock, là où tout a commencé.



