Ed O'Brien (Radiohead) : « Françoise Hardy venait nous voir jouer lors de nos premiers concerts à Paris »
Le guitariste de Radiohead sort un second album solo, lumineux, dans lequel il exorcise une longue année de dépression. Sa « nuit sombre de l'âme », comme il la désigne poétiquement. Propos recueillis par Marion Lizé.
Ce n'est pas tous les jours que l'on rencontre un musicien désigné comme l'un des meilleurs guitaristes de tous les temps par le magazine américain « Rolling Stone ». Pas tous les jours non plus que l'on papote avec un homme qui fait partie du groupe de rock le plus créatif, ambitieux et virtuose depuis Pink Floyd. Auprès du « Nouvel Obs », Ed O'Brien se livre sans fards sur la dépression, son amour de la nature et les influences qui l'ont façonné, de la célèbre émission musicale « Top of The Pops » à Elvis Costello, qu'il reprenait lors des premières répétitions du petit groupe d'Oxford qui allait devenir Radiohead.
Un album pour exorciser la dépression
« Blue Morpho » est un disque très aérien, presque rêveur. Un univers très différent de son précédent album solo, « Earth ». Interrogé sur l'état d'esprit dans lequel il a conçu ce disque, Ed O'Brien confie : « L'écriture de cet album vient d'une période sombre. Pendant près d'un an, j'ai fait une grave dépression. » Il explique avoir trouvé dans la musique un exutoire, une manière de transformer cette noirceur en lumière. « La nature m'a aussi beaucoup aidé, ajoute-t-il. Je passais des heures dans les bois, à observer les oiseaux. Cela m'a permis de me reconnecter à l'essentiel. »
Les influences qui ont façonné le musicien
Ed O'Brien revient également sur ses influences musicales. Il se souvient avec émotion de ses débuts à Paris : « Françoise Hardy venait nous voir jouer lors de nos premiers concerts à Paris. C'était incroyable pour nous, jeunes musiciens anglais, d'être soutenus par une icône de la chanson française. » Il cite aussi Elvis Costello comme une influence majeure, dont il reprenait les chansons lors des premières répétitions de Radiohead. « Top of the Pops était notre fenêtre sur le monde musical, ajoute-t-il. C'est là que nous avons découvert tant de groupes qui nous ont inspirés. »
Un disque lumineux malgré les ténèbres
Malgré la dépression qui a marqué sa création, « Blue Morpho » est un album résolument optimiste. « Je voulais que ce disque soit une bouffée d'air frais, explique le guitariste. Quelque chose qui donne de l'espoir, qui transporte l'auditeur vers des horizons plus clairs. » Les critiques saluent déjà cette œuvre comme l'une des plus personnelles de l'artiste, mêlant mélodies planantes et textes introspectifs. Ed O'Brien prévoit une tournée mondiale pour promouvoir l'album, avec une escale à Paris, ville qui lui est chère.



