Disco 2026 : cinq albums qui font revivre le « four on the floor »
Disco 2026 : cinq albums qui font revivre le rythme

Le disco est de retour, et sonne mieux que jamais. Cinq artistes majeurs ont sorti en 2026 des albums qui font revivre le « four on the floor », ce rythme de batterie emblématique inventé il y a cinquante ans par Earl Young, batteur des Trammps et des MFSB. Dans le documentaire La Revanche du disco, disponible sur Arte.tv, Earl Young explique : « Le rythme disco à la grosse caisse, c’est le “four on the floor”, ensuite, on ajoute le charleston, on peut jouer ouvert ou fermé : je commence fermé, et maintenant, ouvert. J’ajoute la caisse claire, c’est la base du disco. » Une formule qui continue de faire pulser les albums les plus excitants de l’année.

Madonna renoue avec Stuart Price dans « Confessions II »

Vingt et un ans après Confessions on a Dance Floor, Madonna retrouve Stuart Price pour Confessions II, sorti le 3 juillet 2026. L’album renoue avec les cordes planantes, les basses profondes et les synthés flamboyants. « Le dance floor n’est pas un simple lieu, c’est un seuil : un espace rituel où le mouvement remplace le langage », explique-t-elle dans un communiqué.

Le titre I Feel So Free donne le ton et convoque Giorgio Moroder et Donna Summer. Bring Your Love, avec Sabrina Carpenter, sonne comme un pont entre deux générations. Mais derrière les rythmes house et disco se cache un album étonnamment personnel : blessures, deuils, années de galère dans le Lower East Side. Danceteria ressuscite le Paradise Garage et le Roxy, avec Basquiat et Maripol en fantômes bienveillants. The Test, enregistré avec sa fille Lourdes Leon, révèle une facette cachée : la pudeur. À 68 ans, Madonna signe probablement son album le plus personnel et le meilleur depuis Confessions.

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Sébastien Tellier et Harry Styles : deux visions du disco

Le dandy de la French Touch n’a rien perdu de sa superbe avec Kiss the Beast, sorti le 30 janvier 2026. L’album est baroque, sensuel et légèrement détraqué. Thrill of the Night, avec Nile Rodgers à la guitare et la voix de Slayyyter, est LE single de l’année : une lettre d’amour au Studio 54 qui n’aurait pas dépareillé dans les bacs de 1978. Romantic verse dans l’italo-disco flamboyant, tandis que Refresh est chargé en talkbox, cet effet proche du vocodeur très prisé des Daft Punk. Produit par SebastiAn et Oscar Holter, l’album mêle French Touch et disco. « Une nuit de folie, une tentative d’apprivoiser le chaos », dit Tellier de l’album.

Mais Tellier ne fait pas que danser, il se confie. Sur Mouton, il chante « J’ai pas de succès, je m’entête/Les gens se fichent de moi ». Sur Un dimanche en famille, l’animal de nuit pose les crocs : c’est une ode à son épouse et à leurs enfants, portrait d’un loup devenu père, déterminé à veiller sur sa portée. Avec Kiss the Beast, le loup a peut-être enfin eu raison du mouton.

Harry Styles, lui, publie le 6 mars 2026 Kiss All the Time. Disco, Occasionally. Le titre le dit lui-même : disco, occasionnellement. L’album traverse le disco comme on traverse une ville la nuit, en s’arrêtant là où ça pulse. Ready, Steady, Go ! marie une ligne de basse à la Chic à un effet de souffle façon DJ sur deux platines désynchronisées. Dance No More est une fête synthétique eighties avec des chœurs qui invoquent la culture des ballrooms. American Girls s’appuie sur des basses gloutonnes sorties d’un jeu vidéo 8-bit.

Mais Harry Styles ne s’y enferme pas : Coming Up Roses, écrite seul, quitte le dancefloor pour une ballade orchestrée par 39 musiciens. Paint by Numbers gratte la guitare acoustique avec des cors et un mellotron. C’est une musique fondée sur la liberté qui pille le passé sans se soucier de l’histoire. Disco, rock-pop, organique, synthétique : tout coexiste, rien ne se contredit. Harry Styles cherche l’illumination, et il lui arrive de la trouver sur la piste de danse, sous la boule à facettes.

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Bruno Mars et Purple Disco Machine : racines et modernité

Bruno Mars sort The Romantic le 27 février 2026, son premier album solo depuis 24K Magic. Dix ans de silence, neuf titres, zéro superflu. Pas de disco ici : Bruno Mars remonte plus loin, vers le milieu des années 1970, juste avant que la boule à facettes ne s’allume. Soul de Philadelphie, Motown, influences latines sur Risk It All et Cha Cha Cha : l’artiste hawaïen explore le terreau où le disco est né. En ce sens, The Romantic est peut-être l’album le plus fondamental de cette sélection : il célèbre les racines du « four on the floor ». Coproduit avec D-Mile, l’album recrée à la perfection l’atmosphère d’une époque. Quand les cordes arrivent sur le troisième titre, c’est comme si les années 1970 n’avaient jamais pris fin.

Enfin, Purple Disco Machine, alias Tino Piontek, producteur allemand installé à Dresde, publie le 20 février 2026 Defected Presents House Masters. Cette compile triple vinyle chez Defected retrace dix ans de travail : du tube Dished (Male Stripper) aux remixes de Lola’s Theme des Shapeshifters et de Groovejet de Spiller feat. Sophie Ellis-Bextor, en passant par Praise You de Fatboy Slim. Tout s’enchaîne avec l’évidence d’un DJ-set parfait. Le triple vinyle a dû être repressé en urgence face à la demande. Une anthologie purement « feel-good », aux lignes de basses élastiques et hautement addictives.