La directrice générale de la Sacem, Cécile Rap-Veber, exprime son souhait de voir la musique récompensée officiellement au Festival de Cannes. « C’est triste que la musique ne soit pas reconnue dans le palmarès », déclare-t-elle. Depuis plusieurs années, la Sacem renforce sa présence sur la Croisette à travers diverses initiatives. Voici un tour d’horizon de ses actions et de ses revendications.
Une présence multiple au Festival
La Sacem se déploie sous plusieurs formes pendant le Festival. « Cela illustre parfaitement la variété et l’importance de la musique dans le cinéma », souligne Cécile Rap-Veber. Parmi les rendez-vous phares, l’opération Spot the Composer permet à six compositeurs de nationalités différentes de rencontrer des réalisateurs et producteurs, favorisant de futures collaborations. Le Jardin Sacem, quant à lui, accueille les compositeurs dont les films sont en sélection officielle, leur offrant un espace d’échanges et d’interviews. En soirée, trois concerts Sunset Live mettent en scène des artistes qui créent de la musique pour l’image.
Une journée dense le lundi
La journée de lundi a été particulièrement chargée. La Leçon de musique, consacrée à Amine Bouhafa, a permis de plonger dans les coulisses de la création. « C’est incroyable de voir comment les compositeurs trouvent une alchimie avec les cinéastes, tout en conservant leur personnalité », commente la directrice. Un autre temps fort a été la montée des marches de tous les compositeurs, une initiative qui vise à les rendre plus visibles auprès du grand public. En France, contrairement aux États-Unis ou en Angleterre, il n’est pas habituel pour les producteurs d’inviter les compositeurs dans les festivals.
175 ans de la Sacem célébrés en musique
Le soir, la Sacem a fêté ses 175 ans avec une soirée sur la plage Gala, en partenariat avec META, mettant à l’honneur les bandes originales de films. Pomme, Camélia Jordana, Waxx et Breakbot s’y sont produits.
Un plaidoyer pour un prix de la musique
Interrogée sur l’absence de trophée officiel récompensant la musique à Cannes, Cécile Rap-Veber ne cache pas sa déception. « On se chamaille toujours à ce sujet avec Thierry Frémaux, même si je sais que c’est un grand amoureux de la musique. Il y a peut-être une mécanique à repenser. J’imagine que c’est compliqué de multiplier les prix, mais c’est triste que la musique ne soit pas reconnue officiellement dans le palmarès. »
La régulation de l’IA générative, un combat clé
La Sacem est également très active sur le dossier de l’intelligence artificielle générative. « Nous sommes l’une des plus grandes combattantes pour une régulation de ces systèmes qui ont pillé la culture et la presse », affirme Cécile Rap-Veber. La Sacem a soutenu la proposition de loi transpartisane votée à l’unanimité au Sénat le 8 avril dernier. « Nous nous battons pour qu’elle soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, afin d’imposer plus de transparence et d’obligations aux IA génératives, qui aujourd’hui n’en ont presque aucune. »



