Une diva en intimité au Théâtre Robinson
Le 28 juillet prochain, la diva béninoise Angélique Kidjo illuminera le Théâtre Robinson de Mandelieu-la-Napoule dans le cadre des Nuits Robinson. Classée par le magazine Time parmi les 100 personnalités les plus influentes au monde, l'artiste internationale quitte un instant les stades et le prestigieux Carnegie Hall pour un écrin de plein air propice à la communion. Un retour à la proximité qu'elle chérit, comme elle l'a confié : « J'ai commencé dans les petits clubs de jazz. Quand le public est aussi proche, ça me rend encore plus heureuse. Le son atteint les gens sans distance. »
Un 20e album entre espoir et deuil
Son 20e opus, Hope, est un carrefour de générations et de cultures. Enregistré entre Paris et Los Angeles, produit en grande partie par le Nigérian Shizzi, l'album croise Nile Rodgers, Charlie Winston, Florent Pagny, ainsi que les icônes de l'afro-pop Davido, Burna Boy et Ayra Starr. « Je voyais cette jeunesse africaine bidouiller sur ses ordinateurs, créer des sons incroyables. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne deviennent des stars mondiales », glisse-t-elle. La genèse de Hope a été marquée par la perte de sa mère. « Mon équilibre s'est écroulé », confie la chanteuse. « Mais elle m'avait dit : Quoi qu'il arrive, tu n'as pas le droit d'arrêter de chanter, tu es née pour ça. Revenir avec cet album, c'est lui rendre hommage. Son mot magique, c'était : “J'ai toujours l'espoir que demain sera ailleurs.” »
Notre-Dame de Paris : un moment spirituel
Lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris, Angélique Kidjo a interprété la version symphonique du tube Jerusalema, nommée aux Grammy Awards 2026. Un moment gravé à jamais : « J'étais à l'Institut du Monde Arabe quand la flèche s'est effondrée. Chanter pour la réouverture, c'était fermer une parenthèse traumatisante. En sortant sur le parvis, il faisait un froid de canard. Dès que j'ai commencé à chanter, j'ai été enveloppée d'une chaleur inexplicable. Cet endroit possède une spiritualité qui dépasse les religions. »
L'IA et l'esprit humain
Angélique Kidjo oppose la puissance irremplaçable du spectacle vivant à un monde de plus en plus virtuel. L'IA ? Elle ne l'effraie pas, elle la défie : « On essaie de nous faire croire que notre liberté, notre droit à l'erreur et au doute vont disparaître avec l'IA. C'est impossible, on ne peut pas tuer l'esprit humain. Si l'être humain ne travaille plus, ne crée plus, il ne vit plus. »
Militante pour le climat et les droits
Ambassadrice de l'UNICEF et d'Oxfam, fondatrice de la fondation Batonga pour l'éducation des jeunes filles en Afrique, la chanteuse lie création et action sociale. Qu'il s'agisse de l'urgence climatique ou des violences faites aux femmes et aux enfants, elle refuse le cynisme : « S'il n'y a pas d'espoir, il n'y a pas d'humanité. Le problème, c'est que les gens se plaignent mais ne font rien. Si chacun fait un tout petit pas par rapport à sa consommation, on rattrapera notre retard. » Elle fustige au passage les climatosceptiques et la lâcheté des discours de haine sur Internet. « Ma voix m'a été donnée pour être partagée. La pandémie nous a montré que seul, on est vulnérable. Ma musique est là pour que les gens réfléchissent, s'amusent, mais ne restent jamais indifférents. »
Un message pour Mandelieu
Le message à destination du public de Mandelieu est clair : « Soyez vous-mêmes, toujours. Tenez votre parole et cassez l'isolement. » Avec cinq musiciens sur scène et une énergie physique légendaire, la promesse est un shot de joie pure. Kidjo, qui avoue un faible pour la gastronomie azuréenne, attend avec impatience ces retrouvailles : « En tournée, le plus grand défi est de trouver de la bonne nourriture ! » sourit-elle.



