Les supporters frontignanais des ventres bleus ont transformé la tribune de la Saint-Louis à Sète en véritable chaudron, lundi 24 août, malgré l'élimination précoce de leurs deux jouteurs au Grand Prix. Banderoles, chants et fumigènes ont rythmé cette journée de tradition, où la jeune génération a porté haut les couleurs de Frontignan.
Une tradition familiale et un hommage appuyé
Pour les supporters, ce rendez-vous annuel est bien plus qu'une compétition. « Le lundi de la Saint-Louis, où on arrive tous ensemble à Sète, c’est pour moi comme la fête nationale. Il n’y a pas une Saint-Louis qu’on ne peut pas faire. C’est une tradition familiale », confie Emma, 25 ans, fille d’un ancien jouteur. Nina, 15 ans, cousine d’un jouteur, renchérit : « On est là pour supporter les nôtres qui joutent pour nous toute l’année. » Tifenn, 17 ans, dont le père et le frère joutent, ajoute : « Les joutes, ça représente la région. On est né dedans et on aime ça, car on passe des moments conviviaux, en famille et entre amis. Impossible de ne pas aimer. »
La tribune des ventres bleus était pleine à craquer d'adolescents et de jeunes adultes, tous venus défendre les couleurs de leur commune. « On vient aussi montrer qu’avec peu de jouteurs, on est capables de mettre beaucoup d’ambiance. On est fiers de représenter notre ville et notre patrimoine », souligne Laurent Trenga, président de l’association Supporters ventres bleus. Cette année, un hommage particulier a été rendu à Jean-Yves Cournazier, « le capo des ventres bleus », décédé l’an dernier et cofondateur de l'association. « Cette année, nous avons confectionné un foulard avec son visage. Ainsi, même s’il n’est plus là, il est quand même avec nous », explique le président.
Une ambiance de fête malgré les résultats
Les héros du jour étaient les deux Frontignanais Silvio Cuciniello et Patrice Gonzalez, classés 19e et 25e sur 45 jouteurs. Les supporters rêvaient de voir l'un d'eux détrôner le tenant du titre, le Mézois Mickaël Wolff. « Allez les ventres bleus » a retenti dans la tribune, notamment lors des passages de Silvio Cuciniello, qui a même eu droit à un joyeux anniversaire chanté. Mais à la première passe, son adversaire est tombé à l'eau, à la suivante, c'est lui qui a chuté. Une heure plus tard, Patrice Gonzalez a également chuté dès sa première passe.
Malgré ces éliminations, les supporters ont fait preuve de fair-play en applaudissant leurs jouteurs. La jouteuse frontignanaise Faustine Boudou, qui a remporté le tournoi féminin du 14 juillet de sa ville et le challenge Marie-Thé des ventres bleus, a relativisé : « Le spectacle reste beau. Ainsi sont les joutes. Que le meilleur gagne. »
Un cortège festif et des échanges chaleureux
Avant la compétition, les supporters se sont retrouvés à l'entrée de Sète pour un cortège en chantant derrière leur banderole bleue jusqu'à la place de l'Hôtel de Ville, avec des fumigènes et un passage chez Boule. La tribune palavasienne, voisine, a tenté de les défier en chantant : « Oh, les ventes bleus, vous dormez ou quoi ? » Une provocation qui a fait rire Romain, un supporter qui connaît les joutes depuis toujours. « C’est une super ambiance. On est heureux ensemble, mais aussi avec nos voisins palavasiens et sétois. C’est la fête. J’en aime tout : son côté simple, populaire, et les gens. »
Le président Laurent Trenga espère que l'un des jouteurs ramènera le pavois d'or à Frontignan. « Cela fait dix ans que nous n’avons pas gagné. L’an dernier, Silvio est passé à un doigt de la victoire. J’aimerais que l’un de nos jouteurs gagne pour nos jeunes », a-t-il conclu.



