Le retour du sexy en mode : une renaissance élégante à Paris
La fashion week automne-hiver 2026-2027, présentée à Paris jusqu'au 10 mars, marque un tournant significatif dans l'univers de la mode. Après une période où le sexy s'exprimait de manière trash et inspirée des années 2000, avec des jeans taille basse et des microjupes, l'esthétique évolue vers une sophistication raffinée. Cette saison, l'idée d'une femme sexy fait son retour, mais dans une version absolument opposée, mettant en avant l'élégance et la retenue.
Balmain : un nouveau départ sous la direction d'Antonin Tron
Antonin Tron, nommé en novembre 2025 pour succéder à Olivier Rousteing après quatorze ans à la tête de Balmain, a choisi de rompre avec l'esthétique maximaliste et bling-bling de son prédécesseur. En s'inspirant des archives de Pierre Balmain, fondateur de la maison en 1946, Tron a opté pour une approche plus sobre et moderne. « En regardant le travail de Pierre Balmain, j'ai été choqué par la modernité de son travail », explique le designer. Il réinterprète ainsi des robes de 1946, caractérisées par leur opulence et sensualité contrôlées, ainsi que des créations en jersey drapé de 1953.
La proximité de Pierre Balmain avec Hollywood a également influencé la collection, avec des vestes aux épaules larges et des jupes fendues évoquant les héroïnes de film noir. Des motifs animaliers, inspirés de la décoration de l'appartement du fondateur et matérialisés par des perles, ajoutent une touche de scintillement sur des manteaux ou des jupes droites. Le résultat est à la fois seyant et portable, séduisant à la fois les clientes traditionnelles et un nouveau public avec des pièces comme les trenchs ou les pantalons bien coupés.
Burç Akyol : entre élégance et érotisme
Le designer indépendant Burç Akyol présente une collection qui partage avec Saint Laurent un goût pour une Parisienne au vestiaire élégant mais chargé d'érotisme. Ses créations incluent des longs manteaux épaulés, des jupes drapées en soie bronze ou violine, des pantalons de costumes masculins, des vestes en cuir vinyle et des escarpins vertigineux. Bien que belle et cohérente avec ses précédentes collections, elle manque encore un peu de singularité, rappelant parfois trop le travail d'Anthony Vaccarello chez Saint Laurent, pour qui Antonin Tron a également travaillé en tant que designer free-lance.
Tom Ford : la perfection sous la direction de Haider Ackermann
Depuis sa nomination à la tête de Tom Ford en septembre 2024, Haider Ackermann affine une recette qui frôle la perfection cette saison. Sa garde-robe formelle, composée de tailleurs au cordeau, chemises déboutonnées, jupes crayon et talons hauts, est exécutée dans des tissus luxueux. Il y intègre des matières transparentes, des tailles basses flirtant avec l'indécence et des cuirs luisants. La mise en scène confère aux mannequins un statut de personnages, avec des effets de groupe qui renforcent leur pouvoir de séduction. « La séduction est un dialogue », déclare Ackermann, soulignant l'importance du mystère pour susciter l'envie.
Alaïa : une dernière collection sobre de Pieter Mulier
Chez Alaïa, Pieter Mulier présente sa dernière collection avant de rejoindre Versace, marquant la fin de son mandat de cinq ans. Contrairement à ses prouesses stylistiques habituelles, cette collection est plus sobre, reflétant l'esprit du fondateur Azzedine Alaïa. « C'est une collection de vrais vêtements à porter », explique Mulier, visiblement ému. Elle inclut des robes comme des secondes peaux en viscose ou laine, des manteaux trapèze en cuir coloré, des pantalons découpés sur les côtés et des jupes en cascade de volants. Bien que moins éclatante, elle est pertinente dans les circonstances, offrant une vision nette de l'essence d'Alaïa que son successeur devra faire évoluer.
En somme, la fashion week parisienne automne-hiver 2026-2027 redéfinit la séduction en mode, passant d'une esthétique ostentatoire à une élégance raffinée, avec des créations qui marient modernité et héritage historique.



