Michael Rider, le discret directeur artistique de Celine, dévoile sa vision positive de la mode
Depuis son arrivée à la direction artistique de Celine en octobre 2024, l'Américain Michael Rider, qui a succédé à Phoebe Philo et Hedi Slimane, s'est emparé des fondamentaux de la maison de luxe parisienne. À ces bases solides, il impulse désormais sa touche positive et personnelle, créant une identité nouvelle pour la marque. Encore largement méconnu du grand public, le designer présente ce 7 mars son troisième défilé femme pour Celine lors de la fashion week de Paris, un événement très attendu dans le milieu de la mode.
Une patte singulière qui émerge progressivement
Alors qu'il s'apprête à faire défiler sa collection automne-hiver 2026-2027 pour la maison Celine à Paris, Michael Rider reste une figure discrète dans le paysage médiatique. Pourtant, en seulement trois collections féminines et une masculine, le créateur a déjà imposé sa signature unique. Son approche se caractérise par un vestiaire à la fois efficace et resolument moderne, qui joue habilement avec les couleurs tout en suscitant un désir immédiat pour des pièces et accessoires. Ces créations trouvent naturellement leur place dans un quotidien urbain élégant, répondant aux attentes d'une clientèle contemporaine.
Des débuts marqués par une pluie battante et beaucoup d'attentes
Pour les initiés et amateurs de mode, le premier rendez-vous avec l'univers de Michael Rider pour Celine avait été fixé au dimanche 6 juillet 2025. Ce jour-là, malgré une pluie battante qui n'a nullement freiné l'enthousiasme des invités, le designer présentait sa toute première collection pour la maison parisienne. Cette collection printemps 2026 marquait officiellement la succession d'Hedi Slimane, qui avait porté les beaux jours et les excellents résultats financiers de Celine depuis 2018. Âgé de 45 ans, Michael Rider avait choisi de jouer à domicile pour cet événement inaugural, en investissant le bel hôtel particulier du XVIIe siècle situé dans le 2e arrondissement de Paris, où est installé le studio de création de la marque.
Il avait également opté pour une présentation en amont de la très attendue fashion week de septembre, période traditionnellement saturée par les défilés et marquée par l'arrivée de nouveaux directeurs artistiques chez des géants comme Chanel, Balenciaga ou Dior. Le 6 juillet, un immense foulard en soie aux imprimés représentant des boucles de ceinture, des pompons et des rubans avait été tendu au-dessus de la cour intérieure de l'hôtel particulier. Cette tentative, bien que vaine, visait à protéger les invités des gouttes de pluie persistantes. « J'avais tellement hâte de montrer la collection que j'ai à peine remarqué qu'il pleuvait à torrent », confie le designer, dans un mélange de français et d'anglais, lors d'une rencontre début janvier dans une belle pièce ronde dépouillée, adjacente aux ateliers de création.
Projeter de la joie sans tomber dans le comique
Michael Rider explique que sa philosophie créative repose sur une idée simple mais puissante : projeter un peu de joie et d'humour à travers la mode ne signifie pas nécessairement créer des vêtements drôles. Il s'agit plutôt d'insuffler une légèreté et une positivité dans les silhouettes, les matières et les détails, sans jamais sacrifier l'élégance et le raffinement qui font la réputation de Celine. Cette approche subtile permet de renouveler l'image de la maison tout en restant fidèle à son héritage luxueux et parisien. Le designer américain travaille ainsi à construire un dialogue entre tradition et modernité, entre sérieux et légèreté, définissant peu à peu ce qui pourrait devenir l'ère Rider chez Celine.



