Le PDG de Mediawan tente de calmer le jeu après une tribune polémique
Dans une interview accordée à nos confrères, le fondateur et président du groupe Mediawan, Pierre-Antoine Capton, a tenu à clarifier sa position suite à la publication d'une tribune signée par plusieurs personnalités du monde des médias et de la culture, qui critiquait vivement Vincent Bolloré et sa gestion du groupe Canal+. Cette tribune, parue dans la presse, a suscité une vive réaction de la part de la direction de Canal+, qui s'est dite 'énervée' par ce qu'elle considère comme une attaque personnelle et injustifiée.
Une tentative d'apaisement
Pierre-Antoine Capton, dont le groupe Mediawan est un acteur majeur de la production audiovisuelle en France, a déclaré comprendre 'l'énervement' de Canal+. Il a souligné que la tribune, bien qu'exprimant des préoccupations légitimes sur l'indépendance des médias, avait peut-être été formulée de manière trop brutale. 'Il ne faut pas jeter de l'huile sur le feu', a-t-il ajouté, appelant à un dialogue constructif entre les différents acteurs du secteur.
Des relations complexes
Les relations entre Mediawan et Canal+ sont historiquement complexes. Mediawan produit plusieurs émissions diffusées sur les chaînes du groupe Canal+, et les deux entreprises entretiennent des liens d'affaires étroits. Capton a rappelé que 'la concurrence ne doit pas empêcher le respect mutuel' et qu'il est essentiel de préserver un climat serein pour l'ensemble de la filière.
Un appel à la responsabilité
Le patron de Mediawan en a profité pour lancer un appel à la responsabilité de tous les acteurs des médias. 'Nous avons tous intérêt à ce que le débat reste courtois et professionnel', a-t-il insisté. Il a également rappelé que Mediawan continuera à travailler avec Canal+ dans le cadre de partenariats existants, tout en maintenant une ligne éditoriale indépendante.
Cette prise de position intervient dans un contexte tendu où les questions de concentration des médias et d'indépendance journalistique sont au cœur des préoccupations. La tribune initiale, signée par des figures comme le réalisateur Costa-Gavras ou l'écrivain Emmanuel Carrère, dénonçait ce qu'ils percevaient comme une mainmise de Vincent Bolloré sur le paysage médiatique français, via ses participations dans Canal+, mais aussi dans d'autres titres de presse.
En réaction, Canal+ avait publié un communiqué cinglant, dénonçant 'une cabale' et 'une manipulation'. L'intervention de Capton vise donc à désamorcer cette polémique, en rappelant que les divergences d'opinions ne doivent pas entraver les relations professionnelles. Reste à savoir si cet appel à l'apaisement sera entendu par les deux camps.



