Tribune anti-Bolloré : le patron de Mediawan comprend l'énervement de Canal+
Tribune anti-Bolloré : Mediawan soutient Canal+

Le monde du cinéma français est secoué par une vive polémique. Une tribune publiée récemment, critiquant ouvertement Vincent Bolloré et son influence sur le secteur, a provoqué une réaction en chaîne. Pierre-Antoine Capton, le patron de Mediawan, a choisi de prendre la parole pour exprimer son point de vue.

Une tribune qui dérange

La tribune en question, signée par plusieurs professionnels du cinéma, dénonce ce qu'ils considèrent comme une mainmise de Vincent Bolloré sur l'industrie cinématographique française. Les auteurs pointent du doigt les pratiques du groupe Canal+, propriété de Bolloré, et appellent à une prise de conscience collective.

Pierre-Antoine Capton, à la tête de Mediawan, un groupe de production et de distribution, a tenu à réagir. Dans un entretien accordé à nos confrères, il déclare : "Je comprends l'énervement de Canal+. Cette tribune est très violente et ne reflète pas la réalité du travail accompli par le groupe."

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Un soutien inattendu

Cette prise de position de Capton a surpris plus d'un observateur. Mediawan est pourtant un concurrent direct de Canal+ dans certains domaines. Mais pour le patron de Mediawan, il est important de rappeler que le cinéma français a besoin de tous ses acteurs, et que les attaques personnelles ne sont pas productives.

"Je ne suis pas d'accord avec tout ce que fait Bolloré, mais je reconnais que Canal+ a investi massivement dans le cinéma français. Sans eux, de nombreux films n'auraient jamais vu le jour", ajoute-t-il.

Les réactions de Canal+

De son côté, Canal+ n'a pas tardé à réagir. Le groupe a diffusé un communiqué dans lequel il exprime sa "colère" et son "incompréhension" face à cette tribune. "Nous sommes consternés par la violence des propos tenus à l'encontre de notre actionnaire. Ces attaques sont infondées et nuisent à l'image du cinéma français", peut-on lire.

Le groupe Canal+ rappelle également son engagement historique en faveur du cinéma, avec des investissements annuels de plusieurs centaines de millions d'euros.

Une polémique qui divise

Cette affaire met en lumière les tensions qui traversent le monde du cinéma français. D'un côté, ceux qui voient en Vincent Bolloré un prédateur cherchant à monopoliser le secteur. De l'autre, ceux qui estiment que ses investissements sont essentiels à la survie d'une industrie fragilisée par la concurrence des plateformes américaines.

Pierre-Antoine Capton appelle à l'apaisement : "Nous devons tous travailler ensemble pour défendre notre cinéma. Les querelles internes ne font que nous affaiblir face aux géants du streaming."

Quel avenir pour le cinéma français ?

Cette polémique intervient dans un contexte déjà tendu pour le cinéma français. Les salles obscures peinent à retrouver leur fréquentation d'avant la pandémie, et les plateformes comme Netflix ou Disney+ gagnent du terrain.

Pour certains, la solution passe par une régulation plus stricte des investissements étrangers et une meilleure répartition des aides publiques. Pour d'autres, il faut au contraire laisser le marché faire son œuvre et encourager les initiatives privées.

Quoi qu'il en soit, cette tribune anti-Bolloré aura au moins eu le mérite de remettre sur le tapis des questions essentielles pour l'avenir du 7e art en France. Et la position de Pierre-Antoine Capton, en comprenant l'énervement de Canal+ tout en appelant au dialogue, pourrait ouvrir la voie à une nécessaire concertation.

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