Le réalisateur Tom Cariou signe une série documentaire sur l'affaire Jubillar qui sera diffusée sur la plateforme de France TV à partir du 4 septembre, à quelques semaines du début du procès. Interrogé par Midi Libre, il revient sur les coulisses de ce projet.
Une commande de France Télévisions
Tom Cariou explique que c'est France Télévisions qui lui a commandé cette série. "Ils voulaient absolument faire une série sur la disparition de Delphine Jubillar et ils cherchaient quelqu'un pour faire le récit de cette affaire, de la nuit de la disparition aux semaines précédant le procès." Il souligne l'intérêt de ce fait divers : "Il n'y a pas de corps. Et il y a eu un engouement populaire, une couverture médiatique très forte. C'est une histoire sur laquelle les gens peuvent se reconnaître, car c'est une famille dysfonctionnelle mais qui ressemble à beaucoup d'autres."
Objectif de la série
Le réalisateur admet la difficulté d'arriver après tout le monde. "Depuis cinq ans, la presse a fait un travail important et nécessaire. Ma priorité était de donner la parole à au moins une personne proche de Delphine." Ce témoignage est celui de Lolita, sa cousine. "Je n'ai pas mené une enquête, mais j'ai livré un récit avec un découpage narratif et chronologique qui permet de synthétiser une affaire complexe en une heure, où l'on juge un homme pour un crime sans corps, sans aveux."
Éviter le piège du spectaculaire
Tom Cariou insiste sur le respect de la présomption d'innocence. "Je n'avais pas l'intention de diffuser des images volées ou des caméras cachées. Il faut respecter la dignité des gens. Il fallait prendre le temps de raconter les éléments déjà parus pour permettre aux téléspectateurs de comprendre pourquoi on met un homme en prison sans certitude."
Vertige et calme
Interrogé sur ce qui l'a surpris, il évoque "une forme de vertige quand on arrive sur les lieux, que l'on voit les forêts denses, le Tarn... On se dit que le corps de Delphine peut être partout." Il note aussi le calme revenu à Cagnac-les-Mines : "C'est redevenu un village comme les autres. Plus rien ne laisse penser qu'il s'est passé quelque chose il y a cinq ans."
Rôle des médias
Selon les avocats, ce type d'affaires est généralement jugé en cinq à sept jours, mais ici le procès durera plus d'un mois avec 200 journalistes accrédités. "Il y a eu pour 500 000 euros d'actes, soit dix fois plus que la moyenne. Cela a créé un brouhaha, et Cédric Jubillar n'a pas aidé non plus."
Regard sur l'affaire
Tom Cariou conclut : "En 2020, avec les téléphones connectés et la vidéosurveillance, c'est fou qu'une femme disparaisse sans laisser de trace. Soit Cédric Jubillar est coupable et a réussi quelque chose d'extraordinaire, soit il ne l'est pas et on n'a aucune idée de ce qu'il est advenu de cette femme. C'est vertigineux."



