Le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, publié ce mardi 5 mai 2026, suscite des réactions politiques vives, préfigurant les clivages de la campagne présidentielle de 2027. Porté par le député ciottiste Charles Alloncle (UDR), ce texte propose des mesures radicales comme la suppression de France 4, la réduction du budget des sports et des jeux télévisuels de France Télévisions, ou encore l'instauration d'un devoir de réserve pour les salariés. Si l'extrême droite salue ces recommandations, la gauche les dénonce fermement, tandis que le centre adopte une position plus nuancée.
La gauche unie contre le rapport
Le Parti socialiste a immédiatement réagi, qualifiant le rapport de « tract politique ». Ses quatre députés membres de la commission avaient voté contre sa publication le 27 avril. Fanny Dombre-Coste a fustigé sur X un rapport « adopté grâce aux votes du RN », qui prétend « sauver l'audiovisuel public » mais « en démantelant ». Aurélien Rousseau y voit « une offensive idéologique contre le service public culturel », saluant la réaction de Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, qui dénonce un « plan social déguisé en rationalisation ».
Les écologistes partagent cette analyse. Sophie Taillé-Polian estime que le rapport est « dangereux » car il préconise « des fusions indiscriminées et un contrôle politique accru ». Elle plaide au contraire pour un renforcement de l'indépendance et un financement pérenne. Marine Tondelier, cheffe des écologistes, regrette que la commission ait été transformée en « tribunal politique ».
La France insoumise, par la voix de Mathilde Panot, insiste sur la nécessité d'un audiovisuel public « indépendant, doté et pluraliste », rejetant toute privatisation. Aurélien Saintoul, tout en critiquant le rapport, a aussi épinglé la réaction de Delphine Ernotte, estimant qu'une entreprise publique ne devrait pas commenter le travail parlementaire.
Le centre en équilibriste
Les macronistes et le MoDem adoptent un ton plus mesuré. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a jugé que le rapport « passe à côté de l'essentiel » et constitue une « occasion manquée ». Il prône des réformes mais refuse « la privatisation générale » comme « l'immobilisme ». Erwan Balanant, député MoDem, annonce un contre-rapport avant l'été, soutenant des économies mais pas celles proposées. Jérémie Iordanoff, écologiste, avait qualifié cette position « d'hypocrisie terrible du bloc central ».
La droite divisée
À droite, les députés de la commission ont voté pour la publication, mais avec des réserves. Les deux députés Les Républicains ont indiqué ne pas partager toutes les conclusions, jugeant le choix « cornélien ». Le rapporteur Charles Alloncle, lui, assume ses propositions.
L'extrême droite jubile
Le Rassemblement national accueille le rapport avec enthousiasme. Jordan Bardella a affirmé que son parti engagera « la privatisation de l'audiovisuel public » s'il arrive au pouvoir. Laure Lavalette a salué le travail de Charles Alloncle, qui « a mis en exergue des conflits d'intérêts et des externalisations coûteuses ». Pour Sébastien Chenu, ce rapport est « le début du débat » qui sera central dans la campagne présidentielle.
Ainsi, à un an de l'élection, les positions sur l'audiovisuel public se cristallisent, annonçant une bataille politique majeure.



