Le directeur des sports de la RAI quitte ses fonctions après des propos polémiques aux JO
RAI : le directeur des sports démissionne après des dérapages aux JO

La fin de carrière mouvementée de Paolo Petrecca à la RAI

Le parcours professionnel de Paolo Petrecca au sein de la RAI, le service public audiovisuel italien, touche à sa fin dans des circonstances tumultueuses. Le directeur des sports quittera effectivement ses fonctions à l'issue des Jeux Olympiques d'hiver de 2026, après une série de déclarations controversées lors de la cérémonie d'ouverture qui ont provoqué un véritable tollé médiatique et politique.

Une "disasterclass" aux conséquences directes

Proche collaborateur de Giorgia Meloni, la Première ministre italienne d'extrême droite, Paolo Petrecca s'est retrouvé au cœur d'une tempête médiatique après avoir tenu des propos qualifiés d'un autre temps durant la retransmission olympique. Les dérapages se sont succédé, mêlant approximations journalistiques, commentaires sexistes et remarques racistes qui ont profondément choqué les téléspectateurs et la profession.

Parmi les erreurs les plus flagrantes, le directeur des sports a confondu en direct l'actrice italienne Matilda De Angelis avec la chanteuse américaine Mariah Carey. Plus grave encore, il a pris Kirsty Coventry, l'ancienne nageuse zimbabwéenne devenue présidente du Comité international olympique, pour la fille du président italien. À ces méprises s'ajoute une erreur factuelle concernant le stade de San Siro, présenté à tort comme un "stade olympique".

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Des propos stéréotypés qui enflamment les réseaux sociaux

Cependant, ce sont surtout ses commentaires sur les athlètes féminines qui ont déclenché la polémique la plus vive. Durant la parade des nations, Paolo Petrecca a enchaîné les déclarations stéréotypées, qualifiant les athlètes espagnoles de "toujours sexy" et affirmant que les Chinoises avaient "naturellement" toujours un téléphone à la main. Ces remarques ont immédiatement créé un bad buzz sur les réseaux sociaux, où les internautes ont vivement critiqué son manque de professionnalisme.

La réaction ne s'est pas fait attendre dans les rangs des journalistes sportifs de la RAI. Ces derniers ont annoncé qu'ils se mettraient en grève pendant trois jours à la fin des Jeux Olympiques pour protester contre ce qu'ils considèrent comme "la pire humiliation de Rai Sport". Cette action collective témoigne du profond malaise au sein de la rédaction sportive du service public.

Les répercussions politiques d'un scandale médiatique

L'affaire a rapidement pris une dimension politique, le Parti démocrate, principal parti d'opposition de centre-gauche, dénonçant ce qu'il qualifie de "TeleMeloni". Dans un communiqué cinglant, le parti a affirmé : "Les Jeux olympiques sont un moment de responsabilité essentiel pour la télévision publique. Au lieu de cela, la Rai a offert sa pire version : celle que nous ne connaissons que trop bien, TeleMeloni."

Cette référence directe à la Première ministre italienne souligne les tensions politiques qui entourent cette affaire, transformant un simple dérapage journalistique en un symbole des divisions au sein de la société italienne. La proximité de Paolo Petrecca avec Giorgia Meloni a en effet ajouté une couche supplémentaire à la polémique, alimentant les critiques sur l'indépendance du service public audiovisuel.

Le départ annoncé de Paolo Petrecca marque ainsi la conclusion d'une crise qui a ébranlé la crédibilité de la RAI lors d'un événement sportif majeur, tout en révélant les fractures politiques et sociales qui traversent l'Italie contemporaine.

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