Il fut un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître… lorsque la locution « ça fait sens » n’existait pas, du moins pas encore. Comment ? Pourquoi ? Pas de panique : on vous explique.
La langue de Molière
En bon français, lorsque l’on prend conscience de quelque chose ou que l’on souhaite approuver un raisonnement, on dit tout simplement : « Ça a du sens. »
Si l’information est réellement nouvelle, on peut aller plus loin et affirmer : « Ça prend tout son sens » (ou, à la rigueur, « ça prend du sens »).
Mais alors, on ne dit pas « ça fait sens » ?
Pas en bon français. Pourtant, la locution « ça fait sens » est de plus en plus courante, y compris dans la bouche de personnes censément bien éduquées. D’où vient-elle ?
Parlez-vous globish ?
Bienvenue dans la culture « globish », où l’on s’approprie des termes de la langue de Shakespeare pour les mettre à toutes les sauces… y compris celle du français.
Notre dossier Langue française
It makes sense
En anglais, notre locution se dit en effet « it makes sense », soit, littéralement, « ça fait sens » (ou « ça fait du sens »). Et il faut l’admettre : « ça fait sens », ça sonne bien. Malheureusement, joli ou pas joli, l’Académie française n’est pas d’accord.
Cette construction calquée de l’anglais est en effet considérée comme un anglicisme fautif. La forme correcte en français est « cela a du sens » ou « cela prend son sens ». L’usage de « faire » dans ce contexte est une erreur qui s’est répandue sous l’influence de l’anglais, mais elle reste à proscrire dans un registre soutenu.
Alors, la prochaine fois que vous entendrez ou serez tenté d’utiliser « ça fait sens », souvenez-vous que la langue française a ses propres expressions, bien plus élégantes et conformes à sa grammaire.



