Nicole Leibowitz, journaliste du Nouvel Obs, est décédée : son acte de foi en 1990
Mort de Nicole Leibowitz, journaliste du Nouvel Obs

Nicole Leibowitz, figure du journalisme engagé, s'est éteinte

La journaliste et écrivaine Nicole Leibowitz, qui fut une signature emblématique du Nouvel Observateur pendant plus de trois décennies, est décédée le 7 mars 2026. Sa disparition marque la fin d'une carrière marquée par un engagement profond pour la démocratie et contre l'antisémitisme.

Un acte de courage en réponse à la barbarie

En mai 1990, suite à la profanation antisémite du cimetière juif de Carpentras dans le Vaucluse, Nicole Leibowitz a pris une décision symbolique forte. Celle qui écrivait sous le pseudonyme de Nicole Boulanger depuis 1966 a choisi de reprendre son véritable nom dans les colonnes du magazine. Cet acte, qu'elle a elle-même qualifié d'impérissable acte de foi en son pays et en la démocratie, visait à ne jamais oublier les victimes de cet événement tragique.

La profanation, survenue deux mois avant l'adoption de la loi Gayssot qui pénalise l'antisémitisme en France, a profondément marqué la société française. Nicole Leibowitz a mené une enquête approfondie sur cette affaire, aboutissant à la publication de son ouvrage L'Affaire Carpentras chez Plon en 1997. Son travail a confirmé que ces actes de barbarie avaient été commis par quatre individus affiliés à des mouvements néonazis.

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Une carrière dédiée au journalisme d'investigation

Nicole Leibowitz a occupé le poste de rédactrice en chef au Nouvel Observateur, contribuant significativement au paysage médiatique français. Son article mémorable, intitulé Je reprends mon nom, décrit avec émotion les détails horrifiants de la profanation, notamment le cas de Félix Germon, un homme juif de 81 ans dont le corps a été empalé quinze jours après son enterrement. Ce texte, initialement publié en 1990, reste un témoignage poignant de son engagement.

Sa décision de reprendre son nom n'était pas seulement personnelle ; elle représentait un geste de résistance contre l'oubli et l'indifférence. En choisissant de s'identifier pleinement, elle a affirmé son héritage et son refus de la haine, inspirant de nombreux lecteurs et collègues.

La rédaction du Nouvel Observateur et la communauté journalistique adressent leurs sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Son héritage, à travers ses écrits et ses actions, continue de résonner dans les combats pour la justice et la mémoire.

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