Le présentateur Jean-Marc Morandini quitte finalement l'antenne de CNews
Le présentateur de télévision français Jean-Marc Morandini a officiellement annoncé ce lundi 9 février 2026 son retrait de l'antenne de CNews, mettant fin à quatre semaines de tumulte médiatique intense. Cette décision intervient après sa condamnation définitive par la Cour de Cassation pour corruption de mineurs, rendue le 14 janvier dernier.
Une condamnation judiciaire lourde de conséquences
Jean-Marc Morandini, âgé de 60 ans, a été définitivement condamné pour corruption de mineurs après le rejet de son pourvoi en cassation. Les faits remontent à des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. La peine prononcée comprend :
- Deux ans de prison avec sursis
- 20 000 euros d'amende
- Une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs
- Une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles
Par ailleurs, l'animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, ce qui rend cette condamnation également définitive. Dans cette affaire, il a été reconnu coupable d'avoir "usé de pressions pour obtenir un acte sexuel" de la part d'un jeune comédien.
Un maintien à l'antenne vivement critéré
Malgré ces condamnations définitives, la direction de CNews avait initialement décidé de maintenir Jean-Marc Morandini à l'antenne, suscitant une vague de protestations à travers le paysage politique et médiatique français. Cette position a créé des divisions profondes au sein même de la chaîne d'information en continu.
Les réactions politiques ont été particulièrement vives :
- Elisabeth Borne a appelé au boycott sur BFMTV le 26 janvier
- Le Rassemblement national a finalement donné consigne à ses membres de ne plus se rendre sur le plateau
- L'eurodéputé François-Xavier Bellamy a lancé un "Partez, démissionnez !" retentissant lors d'une émission diffusée simultanément sur Europe 1 et CNews
Des tensions internes croissantes
La polémique a généré des divisions importantes au sein de CNews, avec plusieurs personnalités marquant leur désapprobation. Philippe de Villiers, qui anime également une émission sur la chaîne, ainsi que le Journal du Dimanche, autre média de la sphère Bolloré, avaient déjà exprimé leur opposition.
Le syndicat +Libres de Canal+ a demandé en janvier "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", rappelant que la direction de la chaîne s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation. Cette situation rappelle la crise ouverte d'octobre et novembre 2016 à iTELE, l'ancêtre de CNews, où près d'un tiers des journalistes étaient partis suite à l'arrivée de Morandini.
La démission emblématique de Sonia Mabrouk
La journaliste Sonia Mabrouk a été la première personnalité du groupe à s'exprimer publiquement contre le maintien de Jean-Marc Morandini. Dès le 20 janvier, elle avait déclaré ne pas "cautionner" cette décision, malgré le respect qu'elle vouait à sa direction.
"J'avoue que je n'en dors pas depuis plusieurs jours", avait-elle confié, avant d'annoncer sa démission officielle le 6 février. Dans un communiqué à l'AFP, elle expliquait avoir constaté une "altération certaine et effective de (s)a relation avec une partie de la direction de CNews", ajoutant que "ma boussole restera la préservation de l'intérêt des victimes".
Un retrait tardif mais nécessaire
C'est finalement ce lundi 9 février que Jean-Marc Morandini a annoncé son retrait de l'antenne, déclarant sur X : "Je ne veux en aucun cas être un problème pour [les] équipes de CNews et la direction de la chaîne". Il a précisé vouloir aider à "rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction".
La direction de CNews a pris acte de ce retrait immédiat, dont la durée n'a pas été précisée. La chaîne doit maintenant trouver des remplaçants pour la tranche 10h30-14h00, précédemment occupée par Sonia Mabrouk avec son programme "Midi news".
En attendant, des ajustements de programmation ont été mis en place :
- L'émission "L'heure des pros" de Pascal Praud sera prolongée jusqu'à 11h00
- Le journaliste politique Thomas Bonnet présentera ensuite "60 minutes info" jusqu'à 12h00
Ce retrait intervient dans un contexte particulièrement tendu, alors que le propriétaire de CNews Vincent Bolloré doit être convoqué fin février par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, où il sera interrogé sur le cas de Jean-Marc Morandini.