Décès de Michel Goujon, cofondateur de l'École du journalisme de Nice à 80 ans
Michel Goujon, cofondateur de l'École de journalisme de Nice, est mort

Le monde du journalisme en deuil après la disparition de Michel Goujon

La famille de Michel Goujon a annoncé ce mercredi 1er avril 2026 le décès du journaliste survenu la veille, mardi 31 mars, à l'âge de 80 ans. Cette nouvelle a plongé le monde de la presse française dans le deuil, perdant une figure majeure qui a marqué plusieurs générations de professionnels et d'étudiants.

Une carrière journalistique exceptionnelle et polyvalente

Michel Goujon aura traversé toutes les évolutions du paysage médiatique français avec une remarquable polyvalence. Sa fille, Stéphane Staquet, directrice de l'École du journalisme de Nice, a décrit son père comme "un libre penseur à la plume incisive" qui a embrassé l'ensemble des médias avec aisance grâce à son intelligence, sa culture et son écriture intransigeante.

Sa carrière impressionnante s'est déployée sur tous les fronts :

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  • À la radio, il a occupé des postes clés chez Europe 1, France Inter et France Info, dont il fut l'un des membres fondateurs en 1987
  • Il a dirigé la rédaction de Radio 7 et assumé la direction générale de Radio Baie des Anges
  • À la télévision, il a travaillé pour FR3 en région et à Paris comme présentateur, reporter et rédacteur en chef adjoint
  • Dans la presse écrite, il a dirigé la rédaction de douze journaux à Paris, en région et à l'étranger

Le fondateur visionnaire de l'École du journalisme de Nice

À la fin des années 1980, Michel Goujon a concrétisé "une idée un peu folle pour l'époque" : créer une école de journalisme dans une région qui n'en comptait presque pas. En 1990, il fonde avec son ex-femme Marie Boselli ce qui deviendra l'École du journalisme de Nice.

Stéphane Staquet explique la vision de son père : "Il y a 35 ans, la presse avait déjà mauvaise presse. Il voulait former des journalistes de terrain avec un sens du métier. Il était extrêmement exigeant sur la qualité de l'information."

Les anciens étudiants gardent en mémoire ses maximes devenues célèbres :

  1. "Le reportage c'est la vie"
  2. "Ne me dites pas que ce mur est blanc, prouvez-le moi"
  3. "Lisez le dictionnaire comme vous allez aux chiottes" - une formule triviale mais révélatrice de son amour pour le poids des mots

Un pédagogue passionné et exigeant

Au-delà des compétences techniques, Michel Goujon voulait transmettre des valeurs fondamentales à ses élèves. "Il ne supportait pas lorsque les journalistes menaient leur interview en récitant leurs questions sans prêter d'attention à leur intervenant", rapporte sa fille.

Jusqu'à la fin, il s'est intéressé à l'évolution du métier face aux mutations technologiques, de l'arrivée d'Internet à l'intelligence artificielle. "Il était persuadé que nous aurons toujours besoin de journalistes et avait beaucoup d'espoir que les fondamentaux soient préservés", confie Stéphane Staquet.

Les hommages et les funérailles

Les funérailles de Michel Goujon auront lieu le jeudi 9 avril 2026. Une messe sera célébrée à 10h30 en l'église Saint-Laurent de Magagnosc, suivie de l'inhumation dans le cimetière attenant.

Le journaliste laisse derrière lui non seulement une œuvre médiatique considérable, mais aussi l'héritage durable de l'École du journalisme de Nice et des centaines d'anciens étudiants qu'il a formés avec passion et exigence pendant plus de trois décennies.

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