Hommage à Jean Ricard, figure truculente du journalisme bayonnais
Jean Ricard, journaliste truculent de Bayonne

Une figure indélébile du journalisme bayonnais

Homme truculent, amateur de tauromachie, de pêche sur l'Adour, de sport et de politique, Jean Ricard était une personnalité respectée de Bayonne. Décédé le 11 mars 2019 à l'âge de 88 ans, cet ancien journaliste a laissé une empreinte profonde sur l'actualité locale. Son ancrage dans la ville était total, façonnant un professionnel en parfaite immersion dans la vie bayonnaise.

Des racines profondes dans la cité basque

Son enfance s'est déroulée sous le porche de la caserne de l'Arsenal où son père était sous-officier. Son adolescence vagabonde aux confins des Arènes et des Allées-Marines a sans doute inspiré son goût futur pour l'afición et la pêche. Élève malicieux au lycée Marracq, ce « méchant » écolier farceur apprenait pourtant vite et bien, posant les bases d'une personnalité qui allait marquer la ville.

Un journaliste redouté et respecté

Chroniqueur sportif, revistero taurin, commentateur politique, Jean Ricard était aussi l'observateur attentif de la vie quotidienne. Défenseur de la veuve et de l'orphelin, farouchement républicain, il était foncièrement journaliste. On se souvient notamment de son engagement en faveur de Jean Dauger lors des polémiques sur le style de jeu de l'Aviron Bayonnais.

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Ses pinchazos contre l'institution du tout-puissant maire de Bayonne étaient légendaires. Seul ce journaliste semblait ne pas le craindre. Il critiquait sans jamais haïr, rageait toujours avec humour. Le matin, avant les réunions avec le maire, les chefs de services lisaient rapidement sa chronique « Le Piéton » dans Sud Ouest pour anticiper les sujets qui feraient débat.

Une éthique journalistique irréprochable

Sur le plan politique, Jean Ricard n'a jamais caché, à la rédaction comme dans les cafés, que son cœur penchait à gauche. Mais dans ses articles, il évitait soigneusement tout esprit partisan. Un ancien directeur de la rédaction l'avait un jour convoqué pour lui reprocher de trop montrer ses sympathies. « Pouvez-vous me montrer des articles prouvant vos accusations ? », avait rétorqué Jean Ricard. Le directeur, incapable de le faire, avait dû abandonner la discussion.

Le journaliste savait intuitivement qu'un professionnel était estimé non pour ce qu'il taisait, mais pour ce qu'il savait et écrivait avec talent. Son bon sens de l'information et sa qualité de plume lui avaient valu les Palmes académiques, distinction rarement attribuée à un plumitif.

Un caractère bien trempé

Jean Ricard n'avait pas un caractère facile. Il aimait claquer les portes et l'a souvent montré dans sa vie professionnelle. Entré à Sud Ouest Bayonne dans les années 50 aux côtés de Parrot-Lagarenne, il y reviendra à la fin des années 60 avec Christian Bombédiac, après une incartade de quelques années au Républicain.

Après sa retraite de Sud Ouest, il a disposé durant plusieurs années dans La Semaine du Pays basque d'une chronique où il s'exprimait en toute liberté, laissant libre cours à sa verve et à son engagement pour la vie locale.

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