France Télévisions adopte un budget d'économies drastiques pour 2026
La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, a confirmé dans un courrier adressé au Premier ministre et dévoilé par La Tribune dimanche, que le groupe audiovisuel public a adopté un budget rectificatif pour 2026 intégrant des mesures d'économies exigées par le gouvernement. Cette lettre, datée de vendredi, détaille des économies spécifiques et répond aux polémiques récentes sur les dépenses du groupe.
Des réductions ciblées sur les frais de fonctionnement
Dans sa correspondance, Mme Ernotte-Cunci précise que le Conseil d'administration a validé des économies de 2,3 millions d'euros sur les frais de mission, ainsi qu'une division par deux des dépenses de taxi. Ces mesures font partie d'un effort global visant à réduire les charges d'exploitation, dans un contexte où la Cour des comptes avait critiqué la progression des coûts de fonctionnement.
Elle écrit : « Je tiens à vous confirmer que le Conseil d'administration réuni ce jour a adopté le budget rectificatif de France Télévisions pour 2026, qui intègre la baisse supplémentaire de 15 millions d'euros de la dotation publique intervenue en janvier. » Ce budget assure le retour à l'équilibre dès 2026, selon la dirigeante.
Un effort inédit de 150 millions d'euros en un an
Pour atteindre cet objectif, France Télévisions met en œuvre des réformes structurantes. Delphine Ernotte-Cunci souligne que l'effort total s'élève à 150 millions d'euros en un an, un montant qualifié d'inédit. Elle ajoute : « Pour mener à bien cet effort, France Télévisions met en œuvre des réformes structurantes visant à maîtriser ses charges. »
Cette démarche fait suite à une demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait exigé dans un courrier du 23 janvier un « effort supplémentaire » par rapport à la dotation initialement prévue. Il avait jugé indispensable que le groupe fasse preuve d'une attention particulière dans la maîtrise de ses frais, notamment sur les postes identifiés par la Cour des comptes.
Contexte financier et réformes structurelles
La Cour des comptes avait tiré la sonnette d'alarme dans un rapport publié en septembre, appelant France Télévisions à engager « sans délai » des « réformes structurelles » pour rétablir une situation financière dégradée. Les magistrats pointaient du doigt la hausse des charges de personnel et de fonctionnement, tandis que les capitaux propres du groupe se contractaient.
En réponse, Delphine Ernotte-Cunci indique que la négociation d'un nouvel accord social a démarré le 1er février pour une durée maximale de 27 mois. Parallèlement, le gouvernement a abandonné l'idée d'une réforme de l'audiovisuel public avant l'élection présidentielle de 2027, laissant le groupe gérer ses ajustements internes.
Ces mesures d'économies s'inscrivent dans un effort plus large de rationalisation des dépenses, visant à assurer la pérennité financière de France Télévisions face aux défis économiques actuels.



